Les Pères de l'Eglise et l'Eucharistie
Saint André, Apôtre :
Des témoins de son martyr nous rapportent que le saint mourant, s’adressa alors à Egeus, qui lui avait demandé d’offrir des sacrifices pour les dieux, en ces termes : “ J’offre tous les jours un sacrifice au Dieu tout puissant, l’Agneau Immaculé. Bien qu’il soit entièrement et réellement offert, et bien que les croyants mangent sa chair, il reste un, entier et vivant. ”
Didaché (60-100)
Le jour du Seigneur, rassemblez-vous pour rompre le pain et rendre grâce, mais avant tout confessez vos péchés, pour que votre sacrifice soit pur. Cependant que personne ne se disputant avec son frère ne joigne le rassemblement jusqu’à qu’ils soient réconciliés, votre sacrifice ne doit pas être souillé. Car nous avons les paroles du Seigneur : “ Mon nom est grand chez les nations, et en tout lieu un sacrifice d’encens est présenté à mon Nom ainsi qu’une offrande pure. ” (Mal 1:11)
Saint Justin, martyr, 150 :
Personne ne sait prendre part à l’Eucharistie, sinon celui qui croit à la vérité de notre doctrine, qui a été baptisé pour obtenir le pardon des péchés et la nouvelle naissance, et qui vit selon l’enseignement que le Christ a transmis. Car nous ne prenons pas l’Eucharistie comme un pain ordinaire ou une boisson ordinaire. De même que Jésus-Christ notre Sauveur, en s’incarnant par la parole de Dieu a prit chair et sang pour notre salut : ainsi l’aliment devenu eucharistique par la prière de sa parole, et qui nourrit notre sang et notre chair en les transformant, cet aliment est la chair et le sang de ce Jésus qui s’est incarné.
Hilaire de Poitiers (315-367)
La réalité de sa chair et de son sang ne laisse
de place à aucune ambiguïté, et selon l’enseignement
du Seigneur en personne, et selon notre foi, il s’agit d’une chair
véritable et d’un sang véritable. Lorsque nous les recevons
et que nous les absorbons, ces substances nous mettent dans le Christ et mettent
le Christ en nous.
Seule l’adoration permet de connaître Dieu.
Saint Ephrem (-373)
Étendant la main, Jésus donna à ses disciples le pain que sa droite avait consacré : prenez, dit-il, mangez en tous de ce que ma parole a consacré. Ce que je vous ai maintenant donné, ne croyez pas que c’est du pain, recevez-le, mangez-le, ne le brisez pas en miettes. Ce que j’ai appelé mon corps l’est en réalité. Ma plus petite de ses parcelles peut sanctifier des milliers d’âmes et suffit pour donner la vie à ceux qui la reçoivent. Recevez, mangez avec foi, sans hésiter, car c’est mon corps, et celui qui le mange avec foi, sans hésiter, car c’est mon corps divin.
Dans ton pain est caché l’Esprit qui ne se mange pas, dans ton vin réside le feu qui se ne boit pas, le feu de la miséricorde descend dans le pain et demeure…
Lorsque les disciples eurent reçu de la main droite de Jésus la coupe du salut, ils s’approchèrent et burent tous, les uns après les autres. En leur donnant la coupe à voire, le Christ leur expliqua que le calice qu’ils buvaient était son sang : Ceci est mon vrai sang versé pour tous ; prenez buvez-en tous. C’est la nouvelle Alliance en mon sang. Vous ferez comme vous m’avez vu faire en souvenir de moi.
St Cyrille de Jérusalem (315-387)
« Lorsque tu t’avances, ne marche pas les mains grandes ouvertes devant toi, les doigts écartés, mais fais de ta main gauche un trône pour la main droite qui doit recevoir le Roi, puis recourbe en creux la paume de celle-ci et prends possession du Corps du Christ en disant : « Amen ». Alors, avec le plus grand soin, sanctifie tes yeux par le contact du corps sacré et consomme-le… Puis attends la prière et remercie Dieu qui t’as honoré de ses mystères ».
Puis, nous supplions le Dieu philanthrope d’envoyer l’Esprit Saint sur les dons ici déposés, pour faire le pain corps du Christ, et le vin sang du Christ ; car tout ce que touche l’Esprit Saint, cela devient sanctifié et transformé.
Saint Jean Chrysostome (344-407)
Puisque le Verbe a dit : Ceci est mon corps, acceptons-le,
croyons-le, regardons-le avec les yeux de l’esprit. Car Jésus
ne nous a rien laissé de sensible, mais il nous a laissés sous
des objets sensibles, des vérités spirituelles.
Combien disent : je voudrais voir Sa figure, Ses traits, Sa beauté
moins que Ses vêtements... Mais, dans l'Eucharistie, c'est lui-même
que vous voyez, lui-même que vous touchez, lui-même que vous mangez.
Pensez-y et adorez, car c'est le même qui est aux Cieux et que les anges
adorent !
Qui donc doit être plus pur que celui qui participe à ce sacrifice ? Quel rayon de soleil ne doit point céder en splendeur à la main qui distribue cette chair, à la bouche qui est remplie de ce feu spirituel, à la langue qui est rougie de ce redoutable sang ? Songez à l’honneur que l’on vous fait, et à quelle table vous êtes assis. Celui que les anges ne regardent qu’en tremblant, ou plutôt qu’ils n’osent regarder à cause de l’éclat qui en émane, est celui-là même qui nous sert de nourriture, qui se mélange à nous, et avec qui nous ne faisons plus qu’une seule chair et qu’un seul corps.
Inclinons-nous devant Dieu, sans protester, même si ce qu’Il nous dit paraît contraire à notre intelligence ; sa parole doit prévaloir sur celles-ci. Agissons de même à l’égard du Mystère, sans nous arrêter à ce qui tombe sous les sens mais en adhérant à ses paroles, car sa parole ne peut tromper.
« Quand tu vois le Seigneur immolé et étendu, et le prêtre incliné sur le sacrifice et en prière, et tout le peuple rougi par ce sang si précieux, penses-tu être encore parmi les hommes sur la terre ? N'es-tu pas plutôt transféré dans les cieux, ayant déposé toute pensée charnelle, pour contempler ce qui se fait, avec l'âme nue et l'esprit purifié ? O miracle, ô divine philanthropie ! (De sacerdotio. Lire III, n° 4 ; P.G., t. XLVIII, col 642)
« Révérez donc, révérez cette table, à laquelle nous participons tous, et, placé sur elle en sacrifice, le Christ immolé pour nous» (De Epist. ad Rom., VIII, n° 8 ; P.O., t LXII, col. 131)
Saint Grégoire de Nysse
L’Eucharistie est le mystère principal de la Vierge, Marie étant le sujet principal pour lequel la puissance divine a fait de si grandes choses en ce mystère.
Saint Augustin d’Hippone (-430)
Ce pain que vous voyez sur l’autel, une fois sanctifié par la parole de Dieu, est le corps du Christ. Cette coupe, ou plutôt le breuvage qu’elle contient, une fois sanctifiée par la parole de Dieu, est le sang du Christ. Notre Seigneur Jésus Christ a voulu nous confier là son corps et son sang, qu’il a répandu pour nous en rémission des péchés.
Personne ne mange cette chair à moins qu'il ne l'ait d'abord adoré... non seulement nous ne péchons pas si nous adorons, mais nous pécherions si nous n'adorions pas.
Tout puissant qu’il soit, il n’a rien pu faire de plus grand, tout sage qu’il soit, il n’a rien pu trouver de plus admirable, tout riche qu’il soit, il n’a pas pu faire un plus précieux présent.
Il met sur les lèvres du Christ ces paroles: "Grandis et tu mangeras. Et tu ne me changeras pas en toi, comme l'aliment de ta chair; mais c'est toi qui seras changé en moi" (Confessions VII, x, 16)