ADORATION OU ORAISON ?
éléments de réponses
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"L'adoration n'est pas l'oraison; elle est d'abord contemplation du mystère de la Présence eucharistique du Christ. Le Christ présent dans l'ostensoir est certes tout aussi présent dans le tabernacle, mais si l'Église nous fait adorer ainsi le Christ, c'est pour nous aider à entrer plus profondément dans le mystère eucharistique, et à vivre plus intensément de sa présence réelle." (Mgr Patrick Chauvet, "Il est là ! L'adoration eucharistique)
Jésus parle au Père Gaston Courtois de l'adoration
"Cest sous la radiance eucharistique que tu enrichis ton âme de ma présence, jallais presque dire de mon parfum Si je désire être exposé à vos regards dans le sacrement de mon Eucharistie, ce nest pas pour moi, cest pour vous. Je sais mieux que personne à quel point votre foi a besoin, pour fixer son attention, dêtre attirée vers un signe qui exprime une réalité divine. Votre adoration a souvent besoin de soutenir le regard de votre foi par la vue de lHostie consacrée. Cest là une concession à la faiblesse humaine, mais cest parfaitement conforme aux lois de la psychologie Ici, cest la loi de lincarnation qui joue : tant que vous êtes sur terre, vous nêtes pas de purs esprits, ni des intelligences abstraites ; il est nécessaire que tout votre être physique et moral collabore à lexpression de votre amour pour lintensifier. Il est possible à certaines âmes privilégiées de sen passer au moins pour un temps, mais pourquoi refuser à la masse des hommes de bonne volonté ce qui peut les aider à mieux prier, à mieux sunir, à mieux aimer ?" (Père Gaston Courtois, Quand le Seigneur parle au cur, Ed Mediaspaul, 13è Ed, Paris, 1993, p173-174)
Le Silence autour du "moi" en compagnie du "Toi" (Benoît XVI)
Dans la vie d'aujourd'hui, souvent bruyante et chaotique, il est plus important que jamais de retrouver la capacité de silence intérieur et de recueillement: l'adoration eucharistique permet de le faire non seulement autour du "moi", mais en compagnie de ce "Toi" plein d'amour qui est Jésus Christ, "le Dieu qui nous est proche". (Benoît XVI, Angélus, Fête-Dieu, 10 juin 2007)
Interview de Nicolas Buttet dans "Familles Chrétiennes", n°1520, page 23
Vous êtes plutôt adoration ou oraison?
Je ne vois pas d'opposition. Sainte Thérèse d'Avila dit que l'oraison
est «un commerce d'amitié avec un Dieu dont on se sait aimé et
que l'on veut aimer en retour». L'adoration, c'est exactement cela: un
dialogue d'amour. Mais comme je suis tellement pauvre et nul, Dieu se
met en face de moi pour m'aider.
Pourtant, ne suffit-il pas de descendre en nous-même
pour trouver Dieu?
Prier, c'est effectivement descendre dans le grand silence de son âme,
pour être seul avec le Seul. Mais ce coeur-à-coeur est difficile
sans face-à-Face. La plupart du temps, en soi-même, on ne fait
que trouver soi-même. On prend ses pensées pour Dieu. Au final,
c'est trop souvent moi que j'explore en croyant rencontrer Dieu. L'adoration
est un vis-à-vis qui conduit à un coeur-à-coeur. Elle
permet de sortir de soi-même. Elle objective ma relation à Dieu:
il est là. C'est du réalisme: l'acte de foi a un support réel,
l'hostie. Dans l'eucharistie, Dieu simplifie. C'est une véritable thérapie
contre tout ce qu'on a tellement compliqué dans la vie de foi. Et dans
une société où la subjectivité est tellement exaltée,
cette objectivité de la présence de Dieu permet d'éviter
de rester centré sur son ego. Je prie un Dieu qui n'est pas ma propre
idée, mais ce qu'il me dit de lui-même.
Pourqui adorer l'Eucharistie si Dieu est caché en nous ? (Anne-Françoise Vater)
"Eh bien, c'est tout simple! Quand nous adorons Jésus Hostie, nous l'adorons à la fois présent substantiellement dans l'hostie et tout aussi réellement, mais spirituellement, en nous. Le ciel est à la fois sur l'autel et dans notre cœur. Nous sommes comme une de ces belles éponges plongées dans l'océan. Nous sommes dans l'eau, mais l'eau est aussi en nous : « Demeurez en moi, comme moi en vous». Nous nous laissons envahir de toute part par l'amour de notre Dieu, de l'extérieur et de l'intérieur. Quel est notre rôle? Il est simple aussi. Rappelons-nous les paroles de saint Jean: « Jésus est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas accueilli. » Si la belle éponge se rétracte, se ferme, elle ne peut pas absorber l'eau qui lui est offerte... Aussi demandons à l'Esprit Saint de nous aider à nous ouvrir à l'amour, offert en nous et devant nous. Accueillons-le, laissons-nous faire, abandonnons-nous dans la confiance, «tout éveillés, dans la foi, à l'action créatrice de Dieu en nous ». Accueillons le plus possible cet amour offert, afin que le trop-plein de l'éponge que nous sommes se déverse sur les autres. Telle est la source d'eau vive que le Seigneur a promise à la Samaritaine." (Anne Françoise Vater, Initiation à la prière et à l’adoration, page 152) Notre temps d'adoration eucharistique nourrit tous les temps de prière de la semaine et accroît notre conscience de la présence de Dieu dans toutes les activités...
L'Eucharistie nous rend présents à Jésus
Dieu était dans le monde mais le monde ne L'a pas reconnu» (Jn 1, 10). L'Incarnation de Jésus ne signifie pas que Dieu est descendu du ciel pour venir sur la terre où Il n'était pas encore: « Il était dans le monde mais le monde ne L'a pas reconnu ». L'Incarnation signifie la venue parmi nous d'une Humanité devenue infiniment présente à Dieu. De même l'Eucharistie ne veut pas dire que Jésus-Christ, Notre-Seigneur, devient présent alors qu'Il ne l'était pas, puisque Jésus est toujours présent à l'humanité non seulement par Sa divinité, mais bien encore par Son humanité. Et il faut dire plus: l'Humanité de Notre-Seigneur est toujours présente à chacun de nous. Il est la lumière qui éclaire tout homme, et toute grâce nous vient par Son Humanité. L'Humanité de Notre-Seigneur ne cesse jamais de nous être présente, c'est nous qui ne sommes pas présents à l'Humanité de Notre-Seigneur. Notre-Seigneur est présent, c'est nous qui sommes absents, et le mystère de l'Eucharistie est de nous ouvrir à cette Présence et de la faire circuler en nous. Si vous le voulez, pour prendre une comparaison très imparfaite et qu'il faudra aussitôt oublier, Notre-Seigneur est toujours présent par sa divinité et par son humanité, comme sont présentes les ondes de la radio: la Consécration, c'est l'ouverture de la radio qui permet de capter cette Présence déjà donnée mais sur laquelle nous n'avions pas prise. (Maurice Zundel, "Un autre regard sur l'homme", p. 337)