BENOÎT XVI SUR L'EUCHARISTIE

©Ludovic Margot

 

EUCHARISTIE : MYSTÈRE DE TRANSFORMATION
(HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE BENOÎT XVI JMJ - Cologne – Marienfeld Dimanche 21 août 2005)

Adoration: 2 sens

proskynesis (soumission, reconnaissance de Dieu comme tel...Liberté n'est pas de faire seulement ce que l'on veut)

ad-oratio: (contact bouche à bouche, baiser, accolade et donc en définitive amour.)

La soumission devient union, parce que celui auquel nous nous soumettons est Amour.

QUATRE TRANSFORMATIONS :

Première transformation: La mort violente sur la croix est transformée en un acte d'amour; la mort en la vie: acte central de la transformation qui est seul en mesure de renouveler vraiment le monde (autres: superficielles). La mort est blessée et n'a plus le dernier mot. Fission nucléaire au plus intime de l'être: victoire du bien sur le mal.

Deuxième transformation: le pain et le vin deviennent son corps et son sang, qui nous donne.

Troisième transformation: union avec nous-mêmes; nous devenons cosanguins au Christ. Dieu n'est plus simplement en face de nous, comme le Totalement autre, Il est en nous, nous sommes en lui. Sa dynamique nous pénètre et, à partir de nous, elle veut se propager aux autres et s’étendre au monde entier, pour que son amour devienne réellement la mesure dominante du monde.

Ultime transformation: transformation du monde jusqu’à ce que Dieu soit tout en tous (cf. 1 Co 15, 28).


ANGÉLUS
(Castel Gandolfo, 28 août 2005)

Non seulement les jeunes, mais aussi les communautés et les pasteurs eux-mêmes, doivent prendre toujours plus conscience d'une donnée fondamentale pour l'évangélisation: là où Dieu n'occupe pas la première place, là où il n'est pas reconnu et adoré comme le Bien suprême, la dignité de l'homme est menacée. Il est donc urgent de conduire l'homme d'aujourd'hui à "redécouvrir" le visage authentique de Dieu, qui s'est révélé à nous en Jésus Christ. L'humanité de notre temps pourra ainsi, comme les Mages, se prosterner elle aussi devant lui et l'adorer. En parlant avec les Evêques allemands, je rappelais que l'adoration n'est pas "un luxe mais une priorité". Chercher le Christ doit être le désir incessant des croyants, des jeunes et des adultes, des fidèles et de leurs Pasteurs. Cette recherche doit être encouragée, soutenue et guidée. La foi n'est pas simplement l'adhésion à un ensemble complet de dogmes, qui éteindrait la soif de Dieu présente dans l'âme humaine. Au contraire, elle projette l'homme, en chemin dans le temps, vers un Dieu toujours nouveau dans sa nature infinie. Le chrétien est donc en même temps quelqu'un qui cherche et quelqu'un qui trouve. C'est précisément cela qui rend l'Eglise jeune, ouverte à l'avenir, riche d'espérance pour l'humanité tout entière.


VOEUX DE NOËL
(Extrait du texte du saint-père à la curie romaine le 22 décembre 2005)

Avant toute activité et toute transformation du monde, il doit y avoir l’adoration. Elle seule nous rend véritablement libres ; elle seule nous donne les critères pour notre action. Précisément dans un monde où les critères d’orientation viennent progressivement à manquer et où existe la menace que chacun fasse de soi-même son propre critère, il est fondamental de souligner l’adoration…

Depuis la réforme liturgique, la Messe et l’adoration en dehors de la Messe étaient souvent considérées comme en opposition : le Pain eucharistique ne nous aurait pas été donné pour être contemplé, mais pour être mangé, selon une objection alors courante. Dans l’expérience de prière de l’Eglise s’est désormais manifestée le manque de sens d’une telle opposition. Augustin avait déjà dit : « Que personne ne mange cette chair sans auparavant l’adorer ;... nous pécherions si nous ne l’adorions pas ». De fait, dans l’Eucharistie nous ne recevons pas simplement quelque chose.

Celle-ci est la rencontre et l’unification de personnes ; cependant, la personne qui vient à notre rencontre et qui désire s’unir à nous est le Fils de Dieu. Une telle unification ne peut se réaliser que selon la modalité de l’adoration. Recevoir l’Eucharistie signifie adorer Celui que nous recevons. Ce n’est qu’ainsi, et seulement ainsi, que nous devenons une seule chose avec Lui. C’est pourquoi le développement de l’adoration eucharistique, telle qu’elle a pris forme au cours du Moyen-âge, était la conséquence la plus cohérente du mystère eucharistique lui-même : un accueil profond et véritable ne peut mûrir que dans l’adoration. C’est précisément dans cet acte personnel de rencontre avec le Seigneur que mûrit ensuite également la mission sociale qui est contenue dans l’Eucharistie et qui veut briser les barrières non seulement entre le Seigneur et nous, mais également et surtout les barrières qui nous séparent les uns des autres.


BENOÎT XVI RÉPONDANT À DES ENFANTS QUI PRÉPARENT LEUR PREMIÈRE COMMUNION

Adriano: "Saint Père, on nous a dit qu'on aura aujourd'hui un temps d'adoration eucharistique. Qu'est ce que c'est ? Peux-tu nous l'expliquer ?

Benoît XVI: Nous verrons tout de suite ce qu'est l'adoration eucharistique et comment elle se déroule, car tout est bien préparé: nous prierons, nous chanterons, nous nous agenouillerons, nous nous présenterons ainsi devant Jésus. Mais naturellement, ta question exige une réponse plus approfondie: pas seulement comment se déroule l'adoration, mais quel est son sens. Je dirais que l'adoration signifie reconnaître que Jésus est mon Seigneur, que Jésus me montre le chemin à prendre, me fait comprendre que je ne vis bien que si je connais la route qu'Il m'indique.
Adorer, c'est donc dire: "Jésus, je suis tout à toi et je te suis dans ma vie, je ne voudrais jamais prendre cette amilité, cette communion avec toi". Je pourrais également dire que l'adoration est un baiser à Jésus dans lequel je dis: "Je suis à toi et je prie afin que toi aussi, tu demeures toujours avec moi."


DEUS CARITAS EST
(Extrait de la première encyclique du 25 janvier 2006)

36. La prière comme moyen pour puiser toujours à nouveau la force du Christ devient ici une urgence tout à fait concrète. Celui qui prie ne perd pas son temps, même si la situation apparaît réellement urgente et semble pousser uniquement à l’action. La piété n’affaiblit pas la lutte contre la pauvreté ou même contre la misère du prochain. La bienheureuse Teresa de Calcutta est un exemple particulièrement manifeste que le temps consacré à Dieu dans la prière non seulement ne nuit pas à l’efficacité ni à l’activité de l’amour envers le prochain, mais en est en réalité la source inépuisable.

37. Le moment est venu de réaffirmer l’importance de la prière face à l’activisme et au sécularisme dominant de nombreux chrétiens engagés dans le travail caritatif. Bien sûr, le chrétien qui prie ne prétend pas changer les plans de Dieu ni corriger ce que Dieu a prévu. Il cherche plutôt à rencontrer le Père de Jésus Christ, lui demandant d’être présent en lui et dans son action par le secours de son Esprit. La familiarité avec le Dieu personnel et l’abandon à sa volonté empêchent la dégradation de l’homme, l’empêchent d’être prisonnier de doctrines fanatiques et terroristes. Une attitude authentiquement religieuse évite que l’homme s’érige en juge de Dieu, l’accusant de permettre la misère sans éprouver de la compassion pour ses créatures. Mais celui qui prétend lutter contre Dieu en s’appuyant sur l’intérêt de l’homme, sur qui pourra-t-il compter quand l’action humaine se montrera impuissante ?


Aux prêtres de Rome
Mars 2006

L’Eglise Sainte Anastasie est le siège de l’Adoration perpétuelle. Il s’agit donc d’un point central de la vie de foi à Rome. Je place avec confiance entre les mains du Cardinal Vicaire cette proposition de créer, dans les cinq secteurs du diocèse de Rome, cinq lieux d’adoration perpétuelle. Je voudrais simplement dire que je rends grâce à Dieu, car après le Concile, après une période où le sens de l’adoration eucharistique manquait quelque peu, a été redécouverte la joie de cette adoration partout dans l’Eglise, comme nous l’avons vu et entendu au cours du Synode sur l’Eucharistie. Certes, à travers la Constitution conciliaire sur la Liturgie, a été redécouverte surtout toute la richesse de l’Eucharistie célébrée, dans laquelle se réalise le testament du Seigneur: Il se donne à nous et nous répondons en nous donnant à Lui. Mais à présent, nous avons redécouvert que cet aspect central que nous a donné le Seigneur en pouvant célébrer son sacrifice et entrer ainsi en communion sacramentelle, presque corporelle, avec Lui, perd de sa profondeur et également de sa richesse humaine s’il manque l’Adoration, comme acte découlant de la communion reçue: l’adoration consiste à entrer, au plus profond de notre cœur, en communion avec le Seigneur qui est présent de façon corporelle dans l’Eucharistie. Dans l’Ostensoir, il se donne toujours entre nos mains et nous invite à nous unir à sa Présence, à son Corps ressuscité.


Aux séminaristes de Bavière
Septembre 2006

Une façon essentielle d'être avec le Seigneur est l'Adoration eucharistique. Altötting, grâce à Monseigneur Schraml, a obtenu une nouvelle "salle du trésor". Là où jadis, étaient conservés les trésors du passé, des objets précieux de l'histoire et de la piété, se trouve à présent le lieu du véritable trésor de l'Eglise: la présence permanente du Seigneur dans son Sacrement. Le Seigneur, dans l'une de ses paraboles, nous parle du trésor caché dans le champ. Celui qui l'a trouvé, nous raconte-t-il, vend tous ses biens pour pouvoir acheter le champ car le trésor caché dépasse tout autre valeur. Le trésor caché, le bien au-dessus de tous les autres biens, est le Royaume de Dieu - c'est Jésus lui-même, le Royaume en personne. Dans l'Hostie sacrée, il est présent, le véritable trésor, que nous pouvons toujours atteindre. Ce n'est que dans l'adoration de cette présence que nous apprenons à le recevoir de façon juste - nous apprenons à dialoguer, nous apprenons de l'intérieur la célébration de l'Eucharistie. Je voudrais citer à ce propos une belle parole d'Edith Stein, la sainte co-patronne de l'Europe, qui écrit dans l'une de ses lettres: "Le Seigneur est présent dans le tabernacle avec divinité et humanité. Il est là, non pas pour lui-même, mais pour nous: car sa joie est d'être avec les hommes. Et parce qu'il sait que nous, tel que nous sommes, avons besoin de sa proximité personnelle. La conséquence pour tous ceux qui ont des pensées et des sentiments normaux est de se sentir attirés et de s'arrêter là à chaque fois et aussi longtemps que cela leur est permis" (Gesammelte Werke, VII, 136f). Nous aimons être avec le Seigneur! Là, nous pouvons parler avec Lui de tout. Nous pouvons lui soumettre nos questions, nos préoccupations, nos angoisses. Nos joies. Notre gratitude, nos déceptions, nos requêtes et nos espérances. Là, nous pouvons également lui répéter toujours à nouveau: "Seigneur, envoie des ouvriers à ta moisson! Aide-moi à être un bon ouvrier dans ta vigne!".


DIFFUSER L'ADORATION EUCHARISTIQUE
9 novembre 2006

Evoquant la préparation du XLIX Congrès eucharistique international, qui se déroulera à Québec (Canada) en juin 2008, Benoît XVI a dit que ces rendez-vous "sont toujours source de renouveau spirituel, des occasions de mieux connaître l'Eucharistie, le trésor le plus précieux laissé par le Christ. Ceci implique que l'Eglise accroisse l'effort de diffusion de son adoration, afin de témoigner de son amour partout dans la société".

Puis le Pape a dit que la présence de dévots de l'Eucharistie lui permettait de rappeler "combien est bienfaisante la redécouverte de l'adoration eucharistique par de nombreux chrétiens... L'humanité a grand besoin de redécouvrir ce sacrement, source de toute espérance! Remercions le Seigneur pour toutes les paroisses où à côté de la messe on éduque les fidèles à cette adoration", a ajouté le Saint-Père, qui a espéré que le prochain congrès favorisera encore cette dévotion.

Evoquant l'Exhortation apostolique post-synodale sur l'Eucharistie, qui reprend les indications du dernier Synode des évêques (octobre 2005), le Pape a conclu en disant être certain qu'elle "aidera l'Eglise à bien préparer le Congrès eucharistique de juin 2008".


SACRAMENTUM CARITATIS
mars 2007

voir Extraits d'encycliques


Angélus pour la Fête-Dieu
10 juin 2007

Dans la vie d'aujourd'hui, souvent bruyante et chaotique, il est plus important que jamais de retrouver la capacité de silence intérieur et de recueillement: l'adoration eucharistique permet de le faire non seulement autour du "moi", mais en compagnie de ce "Toi" plein d'amour qui est Jésus Christ, "le Dieu qui nous est proche".


MESSAGE AUX JEUNES DU MONDE À L’OCCASION DE LA XXIIIe JOURNÉE MONDIALE DE LA JEUNESSE, 2008
20 juillet 2007

Je voudrais encore ajouter une parole sur l’Eucharistie. Pour croître dans la vie chrétienne, il est nécessaire de se nourrir du Corps et du Sang du Christ: en effet, nous sommes baptisés et confirmés en vue de l’Eucharistie (cf. CCC, 1322; Exhort. apost. Sacramentum caritatis, n. 17). «Source et sommet» de la vie ecclésiale, l’Eucharistie est une «Pentecôte perpétuelle», parce que chaque fois que nous célébrons la Messe, nous recevons l’Esprit Saint, qui nous unit plus profondément au Christ et qui nous transforme en Lui. Chers jeunes, si vous participez fréquemment à la célébration eucharistique, si vous prenez un peu de votre temps pour l’adoration du Saint-Sacrement, alors, de la Source de l’amour qu’est l’Eucharistie, vous sera donnée la joyeuse détermination à consacrer votre vie à la suite de l’Évangile. Vous ferez en même temps l’expérience que là où nous ne réussissons pas par nos propres forces, l’Esprit Saint vient nous transformer, nous remplir de sa force et faire de nous des témoins remplis de l’ardeur missionnaire du Christ ressuscité.


MESSAGE POUR LA XVI JOURNÉE MONDIALE DES MALADES, 2008
11 janvier 2008

2. On ne peut contempler Marie sans être attiré par le Christ et on ne peut regarder le Christ sans percevoir immédiatement la présence de Marie. Il y a un lien inséparable entre la Mère et le Fils engendré dans son sein par l'œuvre de l'Esprit Saint, et ce lien nous le sentons, de manière mystérieuse, dans le sacrement de l'Eucharistie, comme les Pères de l'Eglise et les théologiens l'ont mis en lumière dès les premiers siècles. "La chair née de Marie, venant de l'Esprit Saint, est le pain descendu du ciel", déclare saint Hilaire de Poitiers, tandis que dans le Sacramentaire "Bergomense" du IX siècle, nous lisons: "Son sein a fait mûrir un fruit, un pain nous a rempli du don angélique. Marie a rendu au salut ce qu'Eve avait détruit par sa faute". Saint Pierre Damien observe ensuite: "Ce corps que la très bienheureuse Vierge a engendré, a nourri dans son sein avec une sollicitude maternelle, ce corps dis-je, celui-là et pas un autre, nous le recevons à présent du saint autel et nous en buvons le sang comme sacrement de notre rédemption. Voilà ce que croit la foi catholique, ce qu'enseigne fidèlement la sainte Eglise". Le lien de la Vierge sainte avec le Fils, agneau immolé qui enlève les péchés du monde, s'étend à l'Eglise, corps mystique du Christ. Marie - observe le Serviteur de Dieu Jean-Paul II - est "femme eucharistique" à travers toute sa vie et l'Eglise, la considérant comme son modèle, "est appelée à l'imiter également dans son rapport avec ce très saint mystère" (Ecclesia de Eucharistia, n. 53). Dans cette optique, on comprend encore mieux pourquoi à Lourdes, au culte de la bienheureuse Vierge Marie est associé un rappel fort et constant à l'Eucharistie par des célébrations eucharistiques quotidiennes, par l'adoration du Très Saint Sacrement et la bénédiction des malades, qui constitue un des temps les plus forts de la halte des pèlerins près de la grotte de Massabielle.

5. Tandis que j'adresse mon salut cordial à tous les malades et à ceux qui en prennent soin de diverses manières, j'invite les communautés diocésaines et paroissiales à célébrer la prochaine Journée mondiale du Malade en mettant pleinement en valeur l'heureuse coïncidence du 150 anniversaire des apparitions de Notre Dame à Lourdes et le Congrès eucharistique international. Que ce soit l'occasion de souligner l'importance de la Messe, de l'adoration eucharistique et du culte de l'Eucharistie, en faisant en sorte que les chapelles dans les centres de santé deviennent le cœur battant où Jésus s'offre sans cesse au Père, pour la vie de l'humanité. De même, la distribution de l'Eucharistie aux malades, effectuée avec respect et esprit de prière, est un véritable réconfort pour ceux qui souffrent et sont atteints de toute forme de maladie.


HOMÉLIE FÊTE-DIEU
22 Mai 2008

Adorer le Dieu de Jésus Christ, qui s'est fait pain rompu par amour, est le remède le plus valable et radical contre les idolâtries d'hier et d'aujourd'hui. S'agenouiller devant l'Eucharistie est une profession de liberté: celui qui s'incline devant Jésus ne peut et ne doit se prosterner devant aucun pouvoir terrestre, aussi fort soit-il. Nous les chrétiens nous ne nous agenouillons que devant Dieu, devant le Très Saint Sacrement, parce qu'en lui nous savons et nous croyons qu'est présent le seul Dieu véritable, qui a créé le monde et l'a tant aimé au point de lui donner son Fils unique (cf. Jn 3, 16). Nous nous prosternons devant un Dieu qui s'est d'abord penché vers l'homme, comme un Bon Samaritain, pour le secourir et lui redonner vie, et il s'est agenouillé devant nous pour laver nos pieds sales. Adorer le Corps du Christ veut dire croire que là, dans ce morceau de pain, se trouve réellement le Christ, qui donne son vrai sens à la vie, à l'univers immense comme à la plus petite créature, à toute l'histoire humaine comme à l'existence la plus courte. L'adoration est une prière qui prolonge la célébration et la communion eucharistique et dans laquelle l'âme continue à se nourrir: elle se nourrit d'amour, de vérité, de paix; elle se nourrit d'espérance, parce que Celui devant lequel nous nous prosternons ne nous juge pas, ne nous écrase pas, mais nous libère et nous transforme.


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