Mère Mectilde : fondatrice des bénédictines du Saint-Sacrement

DE LA GUERRE DEVASTATRICE...

Catherine de Bar naquit à Saint-Dié (Vosges) le 31 décembre 1614, la troisième de six enfants. Elevée par une mère pleine de dévotion, celle-ci invoqua avec succès sainte Odile pour la guérison d'une maladie d' yeux de la jeune Catherine. Très tôt attirée par l'eucharistie, admise à la première communion dès l'âge de neuf ans, Catherine de Bar entre résolument au monastère des Annonciades de Bruyères, où elle émet des vœux en 1633.

Or la même année, la guerre de Trente ans, commencée en 1618, touche la Lorraine, occupée par les troupes de Louis XIII. Soldats, brigands, ruinent la campagne, détruisent, brûlent d'innombrables villages. Ni la population, ni le bétail ni les récoltes ne seront épargnés, massacres et incendies anéantissent tout. Peste et procès de sorcellerie hâteront de donner une vision de fin du monde aux survivants d'alors.

Catherine de Bar, accompagnée de quelques sœurs, connaîtra alors d'intenses pérégrinations à travers la Lorraine. Après quatre années d'exode, elle entre au monastère des Bénédictines de Rambervillers, où elle fait profession en 1640. Dix ans plus tard, elle en sera élue prieure.

Chassée à nouveau par la guerre, Catherine de Bar, devenue en religion Mère Mectilde du Saint-Sacrement, du nom d'une mystique allemande du XIIIe siècle, se réfugie à Paris.


 …A L'ADORATION REPARATRICE...

Dans la capitale, en pleine Fronde, à la suite de la rencontre d'Anne d'Autriche et d'un saint prêtre de Saint-Sulpice, l'idée avait été exprimée de rendre un culte perpétuel au Saint-Sacrement, en esprit de réparation pour toutes les horreurs perpétrées par la guerre.

Pourtant, le contexte spirituel de Paris en cette première moitié du XVIIe siècle était presque davantage ordonné aux fondations d’œuvres charitables qu'à celles vouées à l'adoration.

En 1625 notamment, Vincent de Paul, ému par la détresse des populations, fondait les Lazaristes, qui par ailleurs apportèrent des secours en Lorraine en 1641, où Pierre Fourier se montrait très actif localement envers les pauvres. Mais, si le culte de Dieu est un, les charismes sont divers. Dieu avait trouvé en Mère Mectilde sa servante: il lui donna les moyens de fonder, en 1853, l'Institut qui devait lui rendre toute adoration et toute gloire.

Les appuis de la reine de France, de diverses autorités ecclésiastiques puis de notables parisiens ne furent pas de trop pour venir à bout d'épreuves et de difficultés inhérentes à la fondation d'un monastère de moniales contemplatives. Le diable n'épargnait pas les bonnes volontés. La première exposition du Saint-Sacrement eut néanmoins lieu au monastère de la rue du Bac à Paris, en la fête de l'Annonciation, le 25 mars 1653.

De fait, dès sa jeunesse monastique, Mère Mectilde avait été fortement impressionnée par la Règle de Saint Benoît, rédigée au VIe siècle. Elle souhaitait l'observer et la faire observer avec la plus grande fidélité possible. Par ailleurs, Mère Mectilde puisait sa force dans l'adoration du Saint-Sacrement, montrait du goût pour la beauté de la liturgie, l'exactitude du chant.

UNE SPIRITUALITE DE TOUJOURS

Dès lors, la spiritualité des Bénédictines du Saint-Sacrement s'appuiera, comme elle le fait encore, sur l'adoration de Jésus-Hostie; les moniales sont de véritables réparatrices à l'image de Jésus qui s'est livré pour chacun, elles sont vouées sans réserve au Christ.

Mère Mectilde, rappelant que sans la Vierge Marie il est impossible d'aller à Jésus, tous les monastères de l'Institut lui sont confiés: la Vierge Marie se trouve d'office l'unique et perpétuelle Abbesse de chacun des monastères, où une Prieure assure le gouvernement spirituel et matériel de la maison.

À cet égard, la très prolixe correspondance de la fondatrice, plusieurs milliers de lettres recensées, montre combien était grand son talent d'organisatrice, son don de conseil et de force. Bien que dotée d'une « petite santé », guérie à plusieurs reprises sans autre remède que le secours divin, à sa mort, en 1698, dix monastères de Bénédictines du Saint-Sacrement auront vu le jour, dont l'un en Pologne à Varsovie. En tout, Mère Mectilde se montrait absolument soumise à la volonté divine. Dès 1677, des Constitutions, c'est-à-dire un règlement applicable à l'ensemble des monastères, sera approuvé par Rome.

Douée pour la direction spirituelle des âmes, experte en fidélité dans l'amitié, possédant un sens maternel développé allié à la plus grande fermeté, Mère Mechtilde appelle à centrer toutes les joies et les peines de la vie sur l'Eucharistie. Selon elle, Jésus-Hostie vit en nous, selon la vie que nous lui donnons.

On a pu expliquer l'origine du nom de « Mectilde » comme issu de l'allemand die Macht, force, puissance, et die Huld, grâce, faveur. Il est indéniable que la fondatrice des Bénédictines du Saint-Sacrement bénéficia d'une vie riche en grâces. Récemment, sa cause de béatification a été introduite auprès des autorités de Rome.

Mère Mectilde est décédée à Paris le 06 Avril 1698. Trois siècles après sa mort, plus de neuf cents moniales, à travers toute l'Europe, continuent une vie d'adoration et de prière vouée au Saint-Sacrement, selon le charisme de Mère Mectilde. Rappelons combien l'adoration est le propre d’humain, combien, au cœur d'une cité viticole au pied des Vosges, chaque jour des moniales offrent à Dieu un sacrifice continuel de louange, de gloire et d'amour.

ACTE D’OBLATION À JÉSUS DANS LA DIVINE EUCHARISTIE

Loué et adoré soit à jamais le Très Saint-Sacrement de l’Autel !
Divin et adorable Jésus,
je vous adore et vous contemple dans ce mystère d’Amour,
comme Hostie sainte et sacrée,
qui porte et efface les péchés du monde,
et qui est immolé par Vous-même
pour la gloire de Dieu et pour la salut des hommes.
J’apprends de votre Apôtre
Que vous désirez que nous soyons tous
des Hosties vivantes, saintes et dignes d’être sacrifiées avec vous
à la Gloire de Votre Divin Père.
O mon Sauveur,
En l’honneur et union de l’Oblation et Sacrifice
Que vous faites de Vous-même à votre Père
Je m’offre à Vous
Pour être à jamais hostie de votre aimable Volonté.
Consommez-moi entièrement dans le feu de votre Divin Amour,
Et faites en sorte que désormais
toute ma vie soit un sacrifice continuel
de louange, de gloire et d’amour.

AMEN


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