Milice eucharistique
St Pierre-Julien Eymard
J'ai médité sur la milice de Notre Seigneur Jésus Christ. Chaque homme en fait partie et chacun y a un office dépendant, lui seul est Roi. Tout vient de lui, tout doit le servir et procurer sa gloire. Notre Seigneur fixe à chacun son rang, sa position de chef ou de soldat, il est la récompense de tous et les aime tous.
Notre Seigneur a trois armées, une qui fait ses combats en bataille rangée dans le monde, ce sont les pasteurs et les fidèles. La seconde, ce sont les ministres, les ambassadeurs, les <envoyés> envoyés plénipotentiaires. Ce sont les missionnaires apostoliques, les plénipotentiaires de la miséricorde, les défenseurs de ses droits, les Apôtres de sa vérité de son amour.
La troisième milice, c'est celle qui est attachée au service de sa personne adorable, comme sa garde, sa cour, sa famille en un mot formant sa maison ; c'est la milice la plus honorée, la plus aimée. Ce sont les 144 mille Vierges qui suivent partout l'Agneau sur le mont Sion (au Cénacle) qui chantent par privilège le cantique mystérieux de l'amour, qui sont les Vierges Epouses de l'Agneau ; elles n'ont plus de nom propre ; il est leur chef, il les conduit.
Cette milice, c'est la milice eucharistique c'est nous ! quel honneur ! quel bonheur ! l'adorer, l'aimer, le glorifier toujours comme la cour céleste ! Le garder, l'honorer sur son trône comme sa garde d'honneur, quelle gloire ! Etre les archanges de sa royauté eucharistique, aller quand il nous envoie, porter une grâce, allumer un foyer nouveau, lui élever un trône, lui conquérir un nouveau royaume quelle sublime mission ! Voilà notre part !
J'ai considéré avec douleur tous ces chefs de milice qui ont trahi Notre Seigneur , lui ont gâté ses soldats, et se sont révoltés contre leur divin Roi à partir de Judas - Diotrephès - Arius - Nestorius - Eutychès - Pélage, Luther, Jansénius.
Puis toutes ces milices entraînées par leurs chefs et faisant la guerre à la Ste Eglise de Jésus Christ ; à Jésus Christ même. Ah ! que de mal à réparer - que de soldats sans leur chef Jésus Christ, que de chefs égoïstes, personnels, qui ne travaillent que pour eux…
A tout chef, Notre Seigneur lui donne sa mission d'être via ; à la Ste Eglise d'être Veritas ; il se réserve exclusivement d'être Vita.
Un chef doit donc prendre toujours le mot d'ordre de Notre Seigneur le faire fidèlement exécuter, et lui renvoyer toute la gloire du combat, tout l'honneur du service. Ce chef n'a pas de nom d'homme sa mission est divine; ce chef ne doit jamais perdre de vue son Seigneur et son Dieu - puisqu'il est toujours au milieu des siens - et près des chefs des siens.
Aujourd'hui nous avons les deux grandes missions de la milice : servir et combattre. Mais il faut avoir les vertus militaires, être libre de tout pour être tout au service du Maître n'avoir qu'une loi, son service qu'un désir sa gloire - qu'un bonheur, le faire connaître, aimer et adorer ; qu'une ambition, donner glorieusement sa vie pour l'amour et la plus grande gloire de l'Eucharistie.
Ainsi notre part est la plus belle ; elle est aussi la plus actuelle. Il ne s'agit plus d'une vérité de foi à défendre mais le Roi de la vérité attaqué partout ; de faire profession d'une vertu évangélique mais du service de Notre Seigneur abandonné dans son divin Sacrement ; de combattre la grande hérésie du siècle l'indifférence, de faire fondre cette glace qui pétrifie tous les coeurs de prêcher la divine Eucharistie à temps et à contretemps, que dans tout rapport de société, que dans tout acte extérieur, Notre Seigneur y ait sa part.
La fleur a sa forme sa couleur son parfum, toujours les mêmes. Au Ciel c'est toujours le même chant de gloire et d'amour. Donc un Adorateur apôtre doit toujours adorer et prêcher Jésus Hostie.