«NOUVELLE EVANGELISATION» ET ADORATION
L'expression «nouvelle évangélisation» a été employée pour la première fois par le cardinal Wysynski, le 21 septembre 1978, devant la Conférence des évêques de la République fédérale allemande. Moins d'un mois après, le 16 octobre 1978, Jean PaulI est élu pape. Au cours de son voyage apostolique en Pologne, le 9 juin 1979, il emploiera pour la première fois l'expression « nouvelle évangélisation» « La nouvelle croix de bois a été élevée non loin d'ici, durant les célébrations du millénaire. Avec elle, nous avons reçu un signe, celui qu'au seuil du nouveau millénaire - en ces temps nouveaux, en ces nouvelles conditions de vie - l'Evangile est de nouveau annoncé. Une nouvelle évangélisation est commencée, comme s'il s'agissait d'une deuxième annonce, bien qu'en réalité ce soit toujours la même.» (Voyage apostolique en Pologne - homélie à Nowa Huta)
Très vite, surtout en Europe, on se posera la question: s'agit-il d'une restauration chrétienne? S'agit-il de retrouver une sorte de paradis perdu d'une Europe chrétienne des siècles passés? De fait, pour Jean Paul Il, il ne s'agit pas de vivre dans la nostalgie du passé, mais de se confronter à la société d'aujourd'hui, telle qu'elle est, pour y faire advenir le Royaume de Dieu, d'engager tous les continents dans une nouvelle expérience missionnaire à l'échelle universelle. Jean PaulI dira: « Une nouvelle ère d'annonce de l'Evangile est essentielle» (Exhortation apostolique Ecclesia in Asia - 6 novembre 1999)
Pour Jean PaulI, le Concile Vatican II est la première source du renouveau de l'évangélisation pour l'Eglise du troisième millénaire, « la boussole fiable pour nous orienter sur le chemin du siècle qui commence» (Lettre apostolique Novo millennio ineunte - Au début du nouveau millénaire - 6 janvier 2001) Le Concile Vatican Il, par le décret «Ad gentes» sur l'activité missionnaire de l'Eglise, a rappelé que l'évangélisation n'était pas la spécialité des seuls missionnaires attitrés, mais qu'elle engageait tous les laïcs qui, de par leur baptême, sont appelés à la mission et à l'évangélisation. La mission est le devoir de toute l'Eglise, de chaque baptisé: « L'évangélisation du nouveau millénaire doit se référer à la doctrine du Concile Vatican Il. Elle doit être, comme l'enseigne ce Concile, l'œuvre des évêques, des prêtres, des religieux. et des laïcs, l'reuvre des parents et des enfants.» (Voyage apostolique en Pologne - 9 juin 1979)
La deuxième source de référence du pape, c'est l'Exhortation Apostolique « Evangelii nuntiandi » (Annoncer l'Evangile aux hommes de notre temps) de Paul VI, publiée le 8 décembre 1975: « La tâche d'évangéliser tous les hommes constitue la mission essentielle de l'Eglise, tâche et mission que les mutations vastes et profondes de la société actuelle ne rendent que plus urgentes. Evangéliser est, en effet, la grâce et la vocation propre de l'Eglise, son identité la plus profonde. Elle existe pour évangéliser ... » (n° 14)
Inlassablement, Jean Paul Il rappellera la nécessité et l'urgence d'une « nouvelle évangélisation»: « Il s'agit de prendre un nouvel élan sur la route apostolique. Il s'agit de retrouver toute l'ardeur de la foi en Jésus Christ, que nous avons reçue comme un don, et d'annoncer à nos frères et soeurs des villes et des campagnes l'amour de Dieu qui nous offre le salut en son Fils. » (Allocution aux évêques français de la région Nord le 18 janvier 1992)
Pour annoncer le Christ avec conviction, il faut le connaître et l'aimer. Pour ceci il est nécessaire de le rencontrer personnellement. L'évangélisation naît du contact personnel avec Jésus Christ: se laisser saisir par le Christ, se laisser évangéliser par celui que nous avons mission d'annoncer. Cette rencontre se réalise de manière privilégiée dans l'Eucharistie: « C'est dans l'Eucharistie que l'Eglise et chaque croyant trouvent la force indispensable pour annoncer et témoigner à tous de l'Evangile du salut. » (Jean Paul Il, audience générale du 21 juin 2000) L'action naît de la contemplation. On ne peut pas donner d'amour à ses frères si on ne puise pas d'abord à la Source authentique de la charité divine, à travers la prière, l'écoute de la Parole de Dieu et l'Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne. Se mettre en prière devant le Saint-Sacrement, c'est puiser et gagner la force d'aller vers les autres. « La proximité avec le Christ dans le silence de la contemplation, n'éloigne pas de nos contemporains mais, au contraire, elle nous rend attentifs et ouverts aux joies et aux détresses des hommes, et elle élargit le coeur aux dimensions du monde. Elle nous rend solidaires de nos frères en humanité, particulièrement des plus petits, qui sont les bien-aimés du Seigneur » , écrivait Jean Paul Il à Mgr HOUSSIAU, ancien évêque de Liège, à l'occasion du 750è anniversaire de la Fête-Dieu, en 1994. « Dans la contemplation du pain eucharistique bon nombre, aujourd'hui, trouvent la force d'aller à la rencontre de ceux qui ne comptent pas dans la société » écrit Mgr Perrier. À la manière du bienheureux Frédéric OZANAM, co-fondateur des Sociétés Saint Vincent de Paul au XIXè siècle, qui pratiquait beaucoup l'adoration eucharistique, à la manière de tant d'autres aujourd'hui...
« Combien est bienfaisante la redécouverte de l'adoration eucharistique par de nombreux chrétiens... L'humanité a grand besoin de redécouvrir ce sacrement, source de toute espérance! Remercions le Seigneur pour toutes les paroisses où à côté de la messe on éduque les fidèles à cette adoration. » (Benoît XVI pour la préparation du Congrès International Eucharistique au Québec)
Abbé Jean-Claude LANGE