BÉNIS SONT CEUX QUI N’ONT PAS VU
ET QUI ONT CRU

Fête de Saint Thomas, l’Apôtre
3 Juillet 1993

Cher Père Thomas,

Bonne fête ! Il m’est arrivé quelque chose de très amusant il y a quelques années. En y pensant, j’ai décidé de t’écrire. Le Père Martin et moi-même faisions une retraite ensemble. Puisque j’avais un mauvais rhume, je toussais. Le Père Martin me suggéra de prendre un verre de cognac pour m’aider à dormir. Mais je n’avais pas de réveil et je pensais qu’en buvant le verre, je ne pourrais pas me lever à trois heures du matin pour mon heure d’adoration avec notre Seigneur au Saint-Sacrement.

Le Père Martin m’a assuré que Dieu trouverait un moyen pour me réveiller ; j’ai donc pris le verre. Bang, bang, bang ! À trois heures du matin, j’ai entendu des coups à la porte. En ouvrant la porte, je pensais voir le Père Martin, mais j’étais très surpris de voir un chien. Il était entré dans la maison, avait monté les escaliers, s’était retourné et frappait la porte avec sa queue jusqu’à ce que j’ouvre. Ce matin-là, le propriétaire me dit que le chien n’entrait jamais dans la maison !

J’étais donc là, en pensant à ceci. Si Dieu se sert d’un chien pour m’amener à mon heure d’adoration, ne peut-il pas se servir de moi, cher Thomas, pour te rapprocher du Saint-Sacrement ? J’ai donc décidé de t’écrire régulièrement, tapant sur les touches de ma machine à écrire, comme ce chien tapant à ma porte, jusqu’à ce que, par la grâce de Dieu, tu fasses une heure d’adoration quotidienne et que tu commences l’adoration perpétuelle dans ta paroisse.

C’est une simple question de foi : la foi que le Saint-Sacrement est vraiment Jésus en personne, juste là, avec nous maintenant ! Saint Thomas l’apôtre ne croyait pas que Jésus était ressuscité : “ si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. ” (Jn 20:25)

C’est pourquoi on l’appelle le ‘Thomas douteur’. Qui est représenté par le ‘Thomas douteur’ aujourd’hui ? Beaucoup croient en la résurrection, mais peu savent où se trouve notre Seigneur ressuscité ? Le ‘Thomas douteur’ d’aujourd’hui est celui qui ne croit pas que le Saint-Sacrement est vraiment Jésus, notre Sauveur ressuscité, avec toute la puissance de sa résurrection transformant ceux qui viennent en sa présence !

Beaucoup affirment croire en la présence réelle. Mais la foi est plus qu’un assentiment intellectuel. La foi est inséparable du comportement. Si nous croyons que Jésus est présent au Saint-Sacrement, alors, nous devons nous comporter selon notre foi. Nous allons à lui, nous venons à lui, nous courrons vers lui. Saint Paul dit que “ la foi est la garantie des biens que l’on espère, la preuve des réalités qu’on ne voit pas. ” (Hb 11:1)

Thomas, si tu pouvais voir Jésus au Saint-Sacrement, ne consacrerais-tu pas une heure par jour pour être avec lui ? Si tu pouvais le voir comme il est vraiment, n’aurais-tu pas l’adoration perpétuelle dans ta paroisse ?

Imagine ce qui se passerait si Jésus devenait visible au Saint-Sacrement dans ta chapelle. Chaque personne au monde serait prête à prendre le premier vol pour les Philippines pour venir dans ta paroisse. Et Jésus ne dirait-il pas à chacun ce qu’il a dit à Thomas : “ Parce que tu me vois, tu crois. Bénis sont ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru. ” (Jn 20:29)
Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus est apparu à Thomas pour qu’il croie en sa résurrection. Le fait qu’il ne se révèle pas ainsi à toi est un signe bien plus grand de son amour, cher ami. Au contraire, Jésus t’attend au Saint-Sacrement. Il veut que tu ailles à lui dans la foi, et pendant toute l’éternité, tu seras ‘BÉNI’.

Il t’aime trop pour te dire : “ Porte ton doigt ici : voici mes mains, avance ta main et mets-la dans mon côté, et ne deviens pas incrédule, mais croyant. ” (Jn 20:28)

Crois vraiment que le Saint-Sacrement est le même Jésus qui a prononcé ces paroles à Thomas, le même Jésus qui est venu à travers les portes verrouillées en disant à ses apôtres : “ LA PAIX SOIT AVEC VOUS. ”

C’est la paix que Jésus veut te donner dans ton heure d’adoration. Ressentir cette paix est une grâce bien plus grande que celle de voir Jésus nous montrer ses plaies. Ses blessures au Saint-Sacrement ne sont plus laides, ses blessures sont maintenant la beauté du paradis. Ces blessures rayonnent avec plus de gloire que le soleil. Ces blessures sont des fleuves de grâce.

Car Jésus veut te donner la plénitude de ses grâces lorsque tu viens à lui dans la foi. C’est pourquoi il est bien préférable pour toi qu’il ne te montre pas, comme à Thomas l’apôtre, ses blessures visibles. Il veut en effet répandre sur toi les grâces invisibles de ses blessures, avec tout le mérite, la gloire, la beauté, et l’amour guérissant qui en proviennent.

A chaque heure d’adoration que tu fais, tu dis à Jésus : “ Mon Seigneur et mon Dieu ! ” (Jn 20:20) Et chaque fois, il te dit : tu es béni, Thomas, car tu n’as pas vu et pourtant tu as cru!

Fraternellement, dans son amour eucharistique

Mgr Pepe et P. Martin Lucia

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