Les cinq plaies
P. Martin Lucia
Hier soir, fatigué, je suis retourné dans ma chambre me reposer quelques minutes. Je n’avais pas encore fait mon heure sainte, alors je pensais m’étendre quelques minutes avant de me rendre à la chapelle. Mais je me suis endormi et j’ai fini par ne pas aller à la chapelle pour mon adoration. Je me suis mis à rêver. Dans mon rêve, je dormais et le téléphone sonnait. C’était quelqu’un du congrès qui me disait: “Mon père, j’aimerais que vous m’achetiez une cassette.” Et moi, je pensais: “Bon, d’accord, vous voulez que je vous procure une de mes cassettes d’enseignement?” Or, on me répondit: “Non, je voudrais que vous m’achetiez la cassette d’un des autres intervenants.” Ceci me dérangea un peu et je me suis partiellement réveillé en me disant: “Tiens, me voilà réveillé; je devrais me rendre à mon heure sainte, mais dormons encore quelques minutes.” Et je fis un autre rêve. La même personne me téléphonait. Je lui dis: “Ah, c’est vous; avez-vous changé d’idée? Voulez-vous que je vous achète une de ‘mes’ cassettes?” Elle me répondit: “Non, je voudrais que vous me procuriez la série complète des cassettes de tous les intervenants du congrès ! ! ! Tout ceci en rêve, bien sûr. Hors de moi-même, je lui répondis: “Voyons, êtes-vous fou?” Et cela me dérangea tellement, que je me suis complètement réveillé cette fois-ci. Et là j’ai compris que le Seigneur m’incitait à me rendre à la chapelle, parce que je n’avais pas encore fait mon heure sainte.
Et je dis tout cela parce que nous avons eu de magnifiques enseignements depuis le début de cette session. Notre Saint Père nous lança le défi de faire une heure sainte quotidienne, comme le suggérait Mgr Sheen. Le Seigneur désire tellement que nous le fassions, qu’Il permet que le message soit répété souvent. Veuillez donc prier avec moi pour que, par l’intercession de Marie notre Mère, nous nous laissions toucher par le désir de Jésus et de Marie, et nous arrivions à comprendre que de passer une heure avec Jésus au Saint-Sacrement est vraiment la meilleure part. « Je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous; vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen. »
Au 13e siècle, notre Seigneur apparut à sainte Julienne et lui montra une lune qu’Il disait représenter le calendrier liturgique. Sur la face de la lune, se trouvait un point noir, symbole d’une fête qui manquait, et qu’Il voulait consacrée à sa Présence Réelle au Saint-Sacrement. Puis sainte Julienne lui dit: “Mais Jésus, Tu as cette fête déjà: le Jeudi Saint.” Et le Seigneur répondit: “Le Jeudi Saint est la fête de l’institution de la Sainte Eucharistie. Il y aura une fête spéciale, nécessaire à l’Eglise et aux fidèles, pour leur rappeler ma Présence Réelle.” Il ajouta que c’était parce que, dans l’Eglise, au fil du temps, on croirait de moins en moins en la Présence Réelle.
J’aimerais que vous vous posiez la question suivante: pourquoi Jésus est-Il apparu à sainte Julienne, en lui demandant de faire passer ce message au Pape, qu’Il voulait que le Saint-Père instituât une nouvelle fête liturgique: la fête du Corps du Christ, Corpus Christi ou la Fête-Dieu? Si le Seigneur désirait cela du Pape, pourquoi n’est-Il pas apparu à son Vicaire lui-même? C’est qu’Il voulait que Julienne fût apôtre de l’Eucharistie, ambassadrice de la Sainte Eucharistie. Et de même, Il désire que nous soyons tous ses ambassadeurs, ses apôtres.
Quatre siècles après son apparition à sainte Julienne, où la fête du Corps du Christ fut instituée, Jésus apparut à sainte Marguerite-Marie pendant qu’elle se trouvait à genoux devant le Saint-Sacrement exposé. Et Il lui dit ceci: « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu’il n’a rien épargné pour leur prouver son amour. Et en retour, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes dans ce sacrement d’amour. C’est pour cela que Je demande que soit instituée, le vendredi après la fête du Corps du Christ, une fête spéciale pour honorer mon Cœur. » Jésus voulait montrer clairement que la dévotion à son Sacré-Cœur est la dévotion au Saint-Sacrement, car le Saint-Sacrement, c’est le Cœur Sacré de Jésus vivant au milieu de nous, aujourd’hui, en chaque paroisse, en chaque église catholique autour du monde.
Chaque fois que nous nous mettons en la Présence divine du Seigneur au Saint-Sacrement, nous sommes en présence de Celui qui fut crucifié pour nous. Nous touchons, en quelque sorte, aux cinq plaies de Jésus, ouvertes pour nous sur la Croix, et qui sont des fontaines de grâce vivifiante, la gloire du paradis. Jésus a dit: « Si quelqu’un a soif qu’il vienne a Moi, et des sources d’eau vive couleront de mon sein. » L’eau est symbole de grâce. Jésus répand à profusion sur vous toutes les grâces de sa rédemption, chaque fois que vous venez devant Lui au Saint-Sacrement.
Je voudrais, très brièvement, vous faire part des cinq grâces que vous recevez des cinq plaies du Christ, chaque fois que vous entrez en sa Présence au Très Saint-Sacrement. La première grâce est une de sanctification. Le Pape Paul VI, dans une de ses encycliques, écrivit : « rien de plus doux sur terre, rien de plus apte à faire avancer dans les voies de la sainteté » que l’adoration eucharistique. De même que vous ne pouvez vous exposer au soleil sans recevoir ses rayons, vous ne pouvez pas venir en la Présence de Jésus au Très Saint-Sacrement, sans recevoir de sa part, de façon efficace, sure et absolue, les grâces de sa sainteté, de sa vie, de ses bénédictions, de son amour; l’effusion des grâces de sa rédemption.
Ce qu’il y a de grand et de merveilleux avec l’Eglise catholique, c’est qu’il s’agit d’une Eglise de saints et de pécheurs. Chaque saint fut d’abord un pécheur, et chaque pécheur est appelé à devenir un saint. Et qu’est-ce qui caractérise la vie de tous les saints? Qu’est-ce qu’ils ont en commun? L’amour de Marie et l’amour de Jésus au Saint-Sacrement. Certains prédicateurs évangélistes aujourd’hui parlent d’une relation personnelle avec Jésus notre Sauveur, comme s’ils avaient inventé cela eux-mêmes. Or, c’est depuis 2000 ans que cela caractérise la vie même des saints.
Le curé d’Ars, lorsqu’il arriva dans sa petite paroisse s’est vu dire: « Je ne sais pas ce que vous faites ici; personne ne vient à l’église, il n’y a rien à faire. » Et notre saint se disait: “S’il n’y a rien à faire, c’est donc dire que tout est à faire.” Et il se levait tous les matins à 2h pour se rendre à l’église, y prier devant notre Seigneur au Saint-Sacrement. Et les gens le trouvaient là, immobilisé devant la Présence eucharistique. Et il y demeurait jusqu’à midi. De 2h du matin jusqu’à midi. Et ensuite, lorsque les gens commençaient à venir, il faisait très souvent l’homélie suivante, et on l’a conservée. Fixant du doigt le Saint-Sacrement, il disait: “Jésus est là. Si vous saviez seulement combien Il vous aime, vous en mourriez de bonheur!” Il ne pouvait aller plus loin car il fondait en larmes.
Sainte Thérèse d’Avila dialoguait avec quelques-unes de ses soeurs au sujet du bonheur du ciel et de la grandeur de la vision béatifique ; et elles éprouvaient une certaine tristesse à ne pas pouvoir, comme les saints du Ciel, voir Dieu dans un face-à-face. Sainte Thérèse dit alors quelque chose de très intéressant: « Je ne les envie pas du tout, puisque je vois son Amour dans le Très Saint-Sacrement. »
Le Saint-Sacrement, c’est l’amour rendu visible.
Le Saint-Sacrement, c’est l’humilité infinie de Dieu Lui-même,
rendue visible et réelle sous nos yeux. Merveille dont saint François
d’Assise disait qu’elle fascinait son imagination. Il passait
des nuits entières devant le Saint-Sacrement. Et il a écrit
des choses magnifiques sur l’humilité du Dieu Créateur
de tout l’univers, qui accepte de se tenir au Saint-Sacrement par amour
pour nous.
Mère Teresa a dit que lorsque nous contemplons le crucifix, nous voyons
combien Jésus nous a aimés, et lorsque nous contemplons le Saint-Sacrement,
nous voyons combien Jésus nous aime maintenant. Car l’Eucharistie
tire sa source de la Passion du Christ; Il a offert son Corps sur la croix,
par amour pour vous, afin de pouvoir vous donner son Corps, dans la Sainte
Communion. Il a répandu son Sang sur la croix, par amour pour vous,
afin de pouvoir vous combler de sa Vie divine et de son Amour, dans la Sainte
Eucharistie.
Quel supplice incroyable a-t-Il souffert sur la croix, afin d’être
pour nous, jusqu’à la fin des temps, notre joie, notre consolation,
notre ami, notre réconfort, notre refuge. Dans son discours eucharistique,
Il a dit: “C’est la volonté du Père que quiconque
contemple le Fils et croit en Lui, Je le ressuscite au dernier jour.”
Chaque moment que vous passez avec Jésus au Saint-Sacrement, Il vous
élève et vous attire à une plus profonde union avec son
Cœur eucharistique.
La deuxième grâce est celle de la réparation. La réparation vient combler un manque. Jésus dit: “Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné pour leur témoigner son amour, et en retour je reçois tant d’ingratitudes dans ce sacrement d’amour.” Sainte Marguerite-Marie Lui demanda pourquoi la couronne d’épines entourait son Cœur plutôt que sa Tête. Jésus répondit que c’est dans son Cœur qu’Il souffre maintenant, au Très Saint-Sacrement, à cause de l’ingratitude du genre humain envers son Amour au Saint-Sacrement. Et Il ajouta quelque chose d’étonnant: qu’Il souffre plus maintenant au Saint-Sacrement, à cause de cette ingratitude, qu’Il n’a souffert pendant toute sa Passion. À chaque heure que vous passez avec Jésus au Saint-Sacrement, vous transformez les épines qu’Il porte au Cœur, en fleurs de consolation.
Le miracle de son amour, le voici: Il vous aime comme si vous étiez la seule personne au monde. Au Saint-Sacrement, Il vous regarde et oublie l’ingratitude, l’indifférence et le rejet du monde. S’il était possible de mesurer l’amour en général, et bien tout l’amour que les hommes ont eu les uns pour les autres depuis le premier homme et la première femme sur terre, tout cet amour ne représenterait qu’une goutte d’eau, en comparaison avec l’océan d’amour infini que Jésus a pour vous au Saint-Sacrement.
Plus nous croyons en son amour, en son amour personnel pour nous au Saint-Sacrement, plus nous Le glorifions. Nous avons parlé des saints; eh bien, Jésus n’a pas aimé les saints plus qu’Il ne nous aime. La différence, c’est que les saints ont cru plus que nous. À cause de notre nature humaine déchue, composée de qualités et de défauts, de vertus et de vices, nous sommes portés à croire que Jésus nous aime à cause de telle ou telle vertu, ou qu’Il ne nous aime pas à cause de tel ou tel vice; qu’Il nous aime à cause de nos bonnes actions, mais que nos péchés ou erreurs nous empêchent de saisir la hauteur, la profondeur, la largeur de l’Amour du Cœur de Jésus au Très Saint-Sacrement, pour moi personnellement. Le Père Matteo avait l’habitude de dire que Jésus nous aime, non pas malgré nos péchés, mais à cause de nos péchés, et ceci à cause de la nature de son Amour miséricordieux. Jésus l’a dit Lui-même, en parlant d’une mère de plusieurs enfants dont un se trouverait malade. Son Cœur de mère sera plus attentif, plus affectueux, plus patient, plus doux envers son enfant malade, qu’envers ses autres enfants en bonne santé. Ainsi en est-il de Lui. Le secret des saints, c’est de croire que tout en eux attire Jésus auprès d’eux, et que même leurs faiblesses et leurs péchés agissent comme un aimant et attirent le Cœur miséricordieux de Jésus à eux. Le secret des saints, c’est de dire à Jésus: “S’il est vrai que Tu es plus affectueux et attentif envers ceux qui sont malades, je veux que Tu saches que je suis le plus malade de tous.”
Je veux vous faire part d’une expérience que je n’ai jamais livrée à personne. C’était avant que je ne commence le ministère de l’adoration eucharistique perpétuelle. Jamais je ne m’étais senti aussi blessé, aussi abandonné, aussi rejeté, aussi pécheur. Je me trouvais, ce jour-là, devant le Seigneur au Saint-Sacrement, et la seule lumière que je voyais était la bougie qui vacillait. À la lumière de cette bougie, je voyais le crucifix et je me sentais très loin de Dieu. Je ne pouvais pas prier, je ne pouvais pas Lui parler. Alors, je me parlais à moi-même. Mais je me disais que ce n’était pas si mal, car si je me parlais et que Jésus était présent, eh bien, Il pouvait m’entendre et cela devenait comme une sorte de prière, n’est-ce-pas? Et j’avais l’impression d’être sur une autre planète, tant je me sentais loin de Dieu, incompris, pas aimé. Je n’ai rien entendu de mes oreilles, vous comprenez, mais dans mon cœur, j’ai perçu les paroles suivantes: “Tu n’as jamais été aussi proche de Moi et Je ne t’ai jamais autant aimé parce que tu ne m’as jamais autant ressemblé que sur la croix.” Alors plus nous nous sentons loin de Lui, plus Il désire que nous courrions à Lui au Saint-Sacrement. C’est pour cela que notre Saint-Père Jean-Paul II affirme que “Jésus nous attend dans ce sacrement d’amour”, avec le même enthousiasme dont parle l’Ecriture, là où le père attendait le retour de son enfant; et lorsqu’il le vit, il courut à sa rencontre, l’embrassa, le couvrit de baisers, lui fit mettre un anneau au doigt et des sandales aux pieds. Savez-vous ce que disait le curé d’Ars pour encourager les fidèles à faire des visites quotidiennes au Saint-Sacrement? Il disait: “Vous faites tellement plaisir à Jésus lorsque vous venez Le visiter au Saint-Sacrement, lorsque vous vous approchez du plus tendre des coeurs, qu’Il vous serre dans ses bras, comme le fait une mère avec son enfant, et vous couvre de baisers par l’effusion de ses grâces.” La réparation, alors, parce que nous savons que lorsqu’on aime quelqu’un, on expérimente la joie d’être avec le bien-aimé. Parce que Jésus vous aime infiniment, chaque heure que vous passez avec Lui au Saint-Sacrement Lui procure joie, consolation et réconfort sans limite.
La troisième grâce est celle de la transformation. Saint Paul dit que nous tous qui contemplons le Seigneur, nous nous faisons transformer de gloire en gloire, à son image et à sa ressemblance. Imaginez une chambre noire, privée de toute lumière, dans laquelle on allume une petite chandelle; cela fait toute la différence au monde. C’est la différence qu’il y a à passer du temps en présence du Seigneur au Saint-Sacrement. Chaque moment devant Lui vous transforme un peu plus à son image et à sa ressemblance. C’est déjà une anticipation du Ciel. Imaginez un firmament très sombre, mais parsemé d’étoiles. Le Seigneur dit que les fidèles brilleront comme les étoiles. Le temps que vous passerez avec Jésus au Saint-Sacrement rendra votre âme infiniment plus glorieuse et plus belle au Ciel, car le Saint-Sacrement, c’est le Sauveur ressuscité qui rayonne toute la beauté et la gloire de sa résurrection sur ceux qui s’approchent de sa Présence eucharistique. Le Pape Paul VI disait que chaque moment passé avec Jésus au Saint-Sacrement transforme votre cœur de plus en plus en celui de Jésus qui vous aide à imiter ses vertus.
La quatrième grâce, celle du salut. Le Saint-Père a canonisé trois saints que j’aimerais signaler: Maximilien Kolbe, qui faisait dix visites à Jésus au Saint-Sacrement chaque jour. Plus récemment, Dina Bélanger du Canada. Elle fut béatifiée à cause de sa grande dévotion au Saint-Sacrement. Dans ses écrits mystiques, approuvés par l’Eglise, elle raconte qu’avant de faire son heure sainte, elle voyait des multitudes d’âmes sur le point de tomber dans le gouffre de l’enfer, et qu’après son heure sainte, elle voyait ces mêmes âmes dans la main de Dieu. Ainsi à chaque heure sainte, vous recevez des grâces extraordinaires pour plusieurs âmes qui, même si elles étaient sur le chemin de l’enfer, iront au Ciel. Si vous ne croyez pas cela, faites confiance à une autre sainte canonisée par Jean-Paul II: sainte Faustine, apôtre de la miséricorde divine. Ou vit-elle notre Seigneur? Comme sainte Marguerite-Marie, au Saint-Sacrement; là où les rayons de sa gloire émanaient de son Cœur. Les rayons blancs, à cause de son Amour divin; les rayons rouges, à cause de sa Miséricorde divine. Et Faustine vit que chaque heure sainte faisait que ces rayons encerclaient le monde, et que tout être humain sur la face de la terre recevait un nouvel effet de la bonté, de la grâce, de la miséricorde, de la tendresse et de l’amour de Dieu.
Chaque fois que vous faites une heure sainte, vous touchez le Cœur de Jésus, le Cœur le plus reconnaissant qui soit - infiniment reconnaissant. Et à cause de ceci, Il touche le cœur de toute l’humanité par un nouvel effet de sa bonté. Cette appréciation de sa part provient du fait qu’Il est si peu aimé en retour de son amour, comme Il l’a révélé. Mais que dit-Il après cela? “J’ai soif et d’une telle soif d’être aimé des hommes au Saint-Sacrement que cette soif me consume.” Le Cœur de Jésus désire être aimé de vous en ce Saint-Sacrement. Et votre amour Lui est si précieux, si plein de sens, si cher, qu’en retour, plein de reconnaissance, Il déverse sur chaque âme vivante, sur la face de la terre un nouvel effet de sa bonté, de sa grâce, de son amour.
Qu’a-t-Il dit à la Samaritaine? “Si tu savais le don de Dieu et Celui qui te dit ‘Donne-moi à boire’...” Saint Bernard réfère cela à la soif du Coeur de Jésus d’être aimé de vous au Saint-Sacrement. Saint François de Sales disait: « Si seulement nous savions les dons, les grâces, les bénédictions qu’attire une seule heure sainte de prière, nous Lui rendrions visite cent mille fois par jour. »
Si tout cela semble vous passer par-dessus la tête, j’aimerais citer quelqu’un de très respecté ici, en sa qualité de théologien et de catéchiste, le Père John Hardon. Il affirme ceci: “Il est impossible d’exagérer, en langage humain, la valeur d’une seule heure de prière. Je n’ai pas l’habitude de me répéter, mais ceci est tellement important que je vais le faire; il est absolument impossible d’exagérer en termes humains, les bienfaits, la valeur et l’importance d’une seule heure sainte en présence de Jésus au Saint-Sacrement.”
Nous n’avons qu’à nous référer à l’Ecriture: la femme au flacon d’albâtre, qui fit ce que vous faites, chaque fois que vous venez à Lui, au Saint-Sacrement. En versant sur Jésus le contenu du flacon d’albâtre, elle a fait ce que vous faites: elle disait par là, “Je crois que Tu es l’Homme-Dieu. Merci d’être là. Je T’aime, je T’adore.” Judas disait que c’était du gaspillage; le diable nous dit que nous avons mieux à faire, et il était déjà entré en Judas. Or, que répondit Jésus? Que ce qu’elle avait fait ce jour-là serait répété et raconté aussi longtemps que serait prêchée la Bonne Nouvelle. Et depuis 2000 ans, cette histoire est relue et prêchée au pupitre. Mais ce que je veux vous dire, c’est que chaque heure sainte que vous faites est beaucoup plus précieuse au Cœur de Jésus que ce qu’a fait cette femme, il y a 2000 ans. Chaque heure sainte que vous faites sera racontée au Ciel pendant toute l’éternité, à cause de la gloire que vous rendez ainsi à Dieu, à cause de la consolation que vous apportez au Cœur de Jésus, à cause des âmes qui seront au Ciel par vos heures saintes, et qui, sans cela, se seraient éternellement perdues.
Et la cinquième grâce: la restauration. J’aurai donc parlé de la sanctification, de la réparation, de la transformation, du salut, et maintenant, de la restauration. Le Cœur Sacré de Jésus a dit: “Si vous croyez en mon Amour au Saint-Sacrement, alors vous verrez des miracles de mon Amour.” J’aimerais partager avec vous un extrait de l’Evangile selon saint Matthieu qu’on a lu hier. Un homme arriva à Jésus et se mit à genoux devant Lui. “Seigneur, dit-il, prends pitié de mon fils qui est dans un état grave. Par exemple, il tombe souvent dans le feu et souvent dans l’eau. Je l’ai présenté à tes disciples, et ils n’ont pas pu le guérir. “Engeance incrédule et pervertie, répondit Jésus, jusqu’à quand serai-je avec vous? Jusqu’à quand devrai-je vous supporter? Amenez-le moi ici.” Jésus le menaça, et le démon sortit de l’enfant qui, de ce moment, fut guéri. Alors les disciples, s’approchant de Jésus, dans le privé, lui demandèrent: “Pourquoi nous autres n’avons-nous pas pu l’expulser?” -- “Parce que vous avez peu de foi, leur dit-il. Car, je vous le dis en vérité, si vous avez de la foi gros comme un grain de sénevé, vous direz à cette montagne: ‘Déplace-toi d’ici à là’, et elle se déplacera, et rien ne vous sera impossible.”
En se basant là-dessus, qu’avons-nous à dire au Seigneur lorsqu’Il dit: “Je régnerai par l’amour tout-puissant de mon Cœur Sacré”, et que son Règne est un Règne eucharistique? Que disons-nous lorsqu’Il dit: “Et moi, élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi.” Sur la Croix, Il fut élevé de terre par la haine. Dans les chapelles d’adoration eucharistique perpétuelle, Il est élevé par l’adoration et l’amour, ce qui attire sur les paroisses et le monde, toutes les grâces qu’Il nous obtint au Calvaire. Chaque heure sainte que vous faites L’élève dans l’amour, et c’est votre amour qui libère sa puissance, ses bénédictions et ses grâces sur le monde. Rappelez-vous la femme dans l’Ecriture qui se disait en elle-même: “Si seulement je touche la frange de son manteau, je serai sauvée.” Et elle s’approcha par derrière et toucha son manteau. Et Jésus demanda à ses apôtres: “Qui m’a touché?” Et ils répondirent: “Tu vois la foule qui te presse de tous côtés, et tu demandes: Qui m’a touché?” Il ne parlait pas du toucher physique, mais de la femme dont la grande foi toucha son Cœur. Il dit: “Quelqu’un m’a touché; j’ai senti qu’une force était sortie de moi.”
Chacune de vos heures saintes avance le jour où Jésus fera la restauration de toutes choses en Lui. Comment cela? Par l’amour tout puissant de son Cœur sacré, au Saint-Sacrement. Jésus a dit: “Je suis venu apporter le feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fût allumé!” À chacune de vos heures saintes, vous allumez ce feu, vous libérez l’amour qui guérit, la puissance, les bénédictions, jusqu’au jour où toute l’humanité verra la gloire du Sacré-Coeur de Jésus, manifestée visiblement au Saint-Sacrement. Je peux vous parler de l’apparition suivante, car elle a été approuvée par l’Eglise; je veux dire l’apparition d’Akita, au Japon. Et j’ai une lettre de l’évêque japonais, Mgr Ito, qui dit que l’adoration perpétuelle satisfait toutes les demandes de Notre Dame à Akita. C’est à Akita, pendant l’apparition, que Soeur Agnès se rendit à la chapelle y faire une heure sainte, et qu’elle vit une brillante lumière qui émanait du Saint-Sacrement. Et cette lumière était si puissante en amour, que Soeur Agnès s’écroula sur place. Et jusqu’à ce jour, vingt ans plus tard, la seule pensée de ce moment la plonge en extase. Mais, ce que je veux vous dire c’est que, ce que Soeur Agnes a vu, toute la terre va le voir; que lorsqu’il y aura suffisamment de chapelles d’adoration perpétuelle dans le monde pour étancher la soif du Cœur de Jésus d’être aimé de son Peuple, alors Il manifestera au monde sa Miséricorde divine; que ce qui demeure caché, c’est-à-dire la gloire de son Amour au Saint-Sacrement, sera révélée et manifestée à la vue de tous. Et cette gloire aura la force de pénétrer, de changer et de convertir tout cœur humain, même le plus froid et le plus cruel.
Et voilà que s’accomplira ce qu’avait dit saint Paul: tout genou fléchira, toute langue proclamera que Jésus Christ (au Saint-Sacrement) est Seigneur. Et lorsque le genre humain reviendra à Dieu par le biais de ce grand miracle eucharistique, la nature reviendra à l’humanité, et nous aurons un second, un nouveau et plus glorieux Paradis terrestre. Et c’est ainsi, chers frères dans le Christ, qu’il nous est donné de comprendre l’Apocalypse. C’est très simple. En fin de compte, il s’agit de la Femme (Marie) qui livre combat au dragon (satan) pour l’Agneau vainqueur (Jésus au Saint-Sacrement). Dans l’Apocalypse, il est dit que les rois de la terre se battront contre l’Agneau (Jésus au Saint-Sacrement), mais que l’Agneau sera victorieux car Il est le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs. Tous les Anges proclament a pleine voix au peuple: Il est digne l’Agneau, de recevoir l’adoration du genre humain. Et un Ange s’adresse à Jean et lui dit: Viens et je te montrerai ce qui doit advenir en temps voulu. Et l’Ange lui révèle la vision d’événements à venir, où le Peuple de Dieu, le petit reste des fidèles, vous vous présentez devant l’Agneau, le Cœur de Jésus au Saint-Sacrement, “nuit et jour, sans cesse” comme il est écrit. Et cela plaît tellement à Dieu que, du Cœur de l’Agneau coule un fleuve d’eau pure, une rivière de grâces innombrables qui guérissent toutes les nations. Et il est dit qu’après cela, il n’y aura plus besoin de soleil, car l’Agneau sera la Lumière. C’est la glorieuse Lumière du Cœur de Jésus au Saint-Sacrement qui rayonnera depuis toutes les églises catholiques du monde entier. Ensuite il est écrit que l’Agneau intronisé, c’est-à-dire Jésus au Saint-Sacrement, sera leur Berger et qu’Il essuiera toute larme de leurs yeux. Et qu’il y aura un ciel nouveau et une terre nouvelle. C’est Jésus au Saint-Sacrement qui vient faire toutes choses nouvelles.