Pourquoi l’adoration perpétuelle eucharistique ?

Interview avec le Père Martin Lucia

Père, bonjour. Selon vous, pourquoi est-ce que l’adoration est si importante aujourd’hui ?

Bien, je pense que la meilleure des réponses est celle que donne l’archevêque Justin Rigali. Nous avons tant de chance dans ce diocèse d’avoir un archevêque avec tant d’amour pour l’Eucharistie, qu’il désire toujours le partager avec tout le monde du diocèse. Il a récemment écrit une lettre pastorale indiquant les directions à suivre. Il écrit :

« L’église place son enseignement sur l’adoration et la piété eucharistique dans le contexte de son enseignement pour la messe. Cet enseignement, réaffirmé par le Concile Vatican II, est établit ainsi ‘la célébration de l’Eucharistie dans le sacrifice de la Messe est l’origine véritable et le but de la piété rendue à l’Eucharistie hors de la Messe.’ »

En d’autres termes, l’adoration découle de la messe et s’oriente vers la messe. Et l’évêque continue :

« Puisque la célébration de l’Eucharistie est la source et le centre de toute vie liturgique et culte dans l’Église, certaines personnes pensent qu’il est possible de se passer de toutes les autres formes de culte et de piété eucharistique. Une telle supposition est injustifiée. Le rituel nous engage à ne pas négliger la dévotion eucharistique ni de la considérer d’importance mineure, mais plutôt d’encourager son développement dans le contexte intégral de la vie liturgique de l’Église. Dans les années récentes, nous constatons un mouvement grandissant dans l’église universelle qui insiste de nouveau sur la présence réelle de notre Seigneur Jésus Christ dans l’Eucharistie, en encourageant l’adoration de l’Eucharistie. L’adoration de l’Eucharistie est vivement encouragée dans tout l’archidiocèse de Saint Louis. »

Et l’archevêque conclut ainsi : « Dans sa lettre apostolique Dominicae Cenae du 24 février 1980, le Pape Jean-Paul II nous a en effet assuré que ‘l’animation et l’approfondissement du culte eucharistique sont une preuve du renouveau authentique que le Concile s’est fixé comme but, et ils en sont le point central. L’Eglise et le monde ont un grand besoin de culte eucharistique.’ Dans cet esprit, j’encourage fortement l’adoration du Saint-Sacrement dans le diocèse. L’expérience de l’église dans le monde entier pendant cette période post-conciliaire est quotidiennement confirmée par le fait que Dieu fait des merveilles de conversions et de sainteté dans la vie d’individus et de communautés par la pratique de l’adoration eucharistique. Comme l’archidiocèse de Saint Louis se prépare, en communion avec l’église universelle, pour l’évènement du grand Jubilé, j’invite le clergé, les religieux et les laïcs à un renouvellement spirituel toujours plus grand par le culte et la dévotion eucharistique. Dans notre archidiocèse de Saint Louis, il est édifiant de connaître le nombre de chapelles d’adoration eucharistique perpétuelle. »

Et il connaît sans doute les fruits de l’adoration, comme vous et ce qui ce passe. Voyez-vous des fruits similaires lorsque vous voyagez autour de la terre ?

Oui. Le fondement biblique des bénédictions provenant de Jésus au Saint-Sacrement se trouve dans le discours eucharistique de notre Seigneur, à la sainte cène, lorsqu’il dit : « Je suis la vigne, vous les sarments. Si vous demeurez en moi et moi en vous, vous porterez beaucoup de fruits, mais hors de moi vous ne pouvez rien faire. » C’est la promesse de l’homme-Dieu, que lorsque l’on prend du temps pour le passer devant lui en sa présence et lorsque notre cœur s’unit à son cœur, alors nous portons du fruit et cela de n’importe quelle manière. Et le plus grand fruit, comme l’église enseigne, est que chaque moment que nous passons devant le Saint-Sacrement approfondit efficacement notre union avec le Christ. De même qu’on ne peut sortir sous un temps de pluie sans se faire mouiller, de même on ne peut aller dans une chapelle où le Saint-Sacrement est exposé sans être sanctifié. Et chaque moment approfondit notre union avec le Christ. Le pape dit : ‘L’engagement essentiel de l’Église comme peuple de Dieu, consiste à progresser dans la vie eucharistique, à se développer spirituellement dans le climat de l’Eucharistie.’

En parlant du besoin pour l’adoration, on peut aussi se demander : « Pourquoi l’adoration perpétuelle ? »

La première raison est d’ordre pratique. Plus vous limitez les heures d’adoration, plus vous limitez la possibilité pour les fidèles d’aller adorer. Et avec nos emplois de temps si chargés aujourd’hui, très peu de gens peuvent répondre à l’invitation de notre Seigneur «ne pouvez vous pas veiller une heure avec moi ? » lorsqu’on n’a que quelques heures ouvertes dans la semaine. Plus vous étendez les heures, plus vous augmentez les opportunités de venir. Lorsqu’une chapelle est ouverte tout le temps, alors chacun dans la paroisse peut participer, car chacun peut alors trouver une heure par semaine pour être avec Jésus au Saint-Sacrement.

D’ailleurs le pape définit une paroisse comme ‘une maison accueillant tout le monde’. Et une chapelle toujours ouverte est un signe des bras ouverts du Christ, toujours ouverts pour nous embrasser. Une chapelle toujours ouverte donne à chacun le sens d’appartenir à la paroisse. Car c’est ouvert. Et c’est ouvert non pas seulement pour les paroissiens, mais pour les gens d’une paroisse avoisinante, aussi pour ceux d’autres spiritualités comme les protestants et pour tous ceux qui veulent venir. En restant toujours ouverte, la chapelle est accueillante pour tous. Si vous fermez une porte, c’est un signe de rejet. Si la porte est ouverte, c’est un signe d’accueil. Si elle est toujours ouverte, c’est un signe de très grand accueil.

Je suis curieux, y avait-il un moment dans votre vie où vous avez décidé que c’était le type de mission que vous vouliez faire ?

J’étais séminariste, et je vivais un moment difficile. Je voulais aller devant le Seigneur au Saint-Sacrement et toutes les portes des églises étaient fermées. Et c’était dans la soirée, j’étais à New York et je me suis souvenu d’un ami qui travaillait dans une église. Alors j’ai frappé à sa porte et il m’a ouvert et j’ai dit «j’ai juste envie d’aller devant le Saint-Sacrement. » Et il a dit «d’accord, Martin, entre. » Et j’ai fait mon heure d’adoration là et j’étais ce soir-là si béni par les grâces que j’avais reçues que je promis à Jésus que si je devenais prêtre, s’il me donne la grâce de devenir prêtre, alors je dédierai mon sacerdoce à rendre possible à chacun de venir à lui au Saint-Sacrement.

Et vous êtes devenu prêtre et c’est ce que vous faites ?

Par la grâce de Dieu. Par la tendresse infinie de la grâce de Dieu. Et je suis infiniment reconnaissant pour cette grâce. Mais ce que je veux partager est que cette grâce qu’il m’a donnée, Dieu l’a donne à tout le monde. Le pape a écrit une encyclique magnifique, appelée Christifidelis Laici, le peuple fidèle du Christ, dans laquelle il appelle les laïcs à évangéliser. Nous sommes tous appelés à évangéliser. Nous sommes appelés à faire ce que le curé d’Ars faisait. Vous savez, chaque dimanche, il fixait du doigt le tabernacle et disait, ‘Jésus est vraiment là, et si vous savez combien il vous aime au Saint-Sacrement, vous seriez la personne la plus heureuse du monde.’ Bien, chacun peut dire ces paroles et nous devrions les dire à nos proches, à nos amis, à toutes personnes que nous rencontrons, au monde entier.

Est-ce que les catholiques ont perdu le sens de la présence réelle au Saint-Sacrement ?

L’archevêque constate merveilleusement dans sa lettre qu’il y a une poussée de la foi chez beaucoup. Mais un sondage révèle que seulement 30% des catholiques croient en la présence réelle. Et le pape explique que notre amour en communauté pour Jésus à la messe doit aller de pair avec notre amour personnel pour Jésus dans des heures d’adoration de sorte que notre amour soit complet. Le pape appelle le peuple de Dieu à une relation personnelle avec Jésus, notre Sauveur, au Saint-Sacrement. Car sans venir à lui en des moments silencieux de prière, notre foi en sa présence réelle diminue. C’est en prenant du temps à part pour être avec lui au Saint-Sacrement que notre relation avec lui commence à augmenter, à grandir puis à s’épanouir. Si un mari et sa femme ne prennent pas du temps pour parler, pour partager, pour être ensemble, alors leur relation tend à diminuer. S’ils prennent du temps ensemble, c’est un signe qu’ils apprécient leur compagnie, c’est un signe de leur affection, de leur tendresse, de leur attachement qui a tant de valeur. Jésus choisit de prendre du temps avec nous sur terre. Il se rend complètement disponible, 24h/24 selon sa promesse «voici que je suis avec vous jusqu’à la fin du temps, car je vous ai aimé d’un amour éternel et constante est mon affection pour vous. » D’ailleurs, lors du discours eucharistique, Jésus a prononcé ces paroles que nous pourrions méditer jusqu’à la fin de notre vie, sans jamais vraiment les comprendre «Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimé. Demeurez dans mon amour. » Jésus nous dit qu’il nous aime dans l’Eucharistie autant qu’il aime le Père. Et il nous dit : « Demeurez dans mon amour ». Et un des thèmes préférés du pape lorsqu’il parle de l’adoration est celui de demeurer dans le Cœur de Dieu. C’est en venant en présence du Seigneur que nous grandissons dans la foi, l’espérance et la charité. Nous sommes comme une petite fleur qui a besoin de soleil, ou de pluie, ou d’éléments nutritifs. Si un corps s’atrophie lorsqu’il ne fait pas d’exercice, eh bien, notre âme perd la foi si nous ne pratiquons pas notre foi. Pour cette raison, le pape explique que la vie est un chemin de foi et d’intimité avec le Seigneur. Nous devons donc trouver du temps pour être avec lui au Saint-Sacrement, pour grandir spirituellement dans le climat de l’Eucharistie.

Un des mots qui vient à l’esprit en écoutant vos enseignements ou même en discutant avec vous est la passion. Je peux voir que vous êtes vraiment passionnés !

Bien, j’apprécie que vous me disiez cela. Mais Dieu nous a fait de sorte que nous voulons savoir que nous valons quelque chose, nous voulons savoir que nous sommes importants, nous ne voulons pas nous ressentir inutile. Nous voulons savoir que nous sommes aimés et nous voulons savoir combien nous sommes aimés. Et une fois que nous faisons l’expérience de l’amour de Dieu pour nous, alors ceci nous donne notre identité, ça nous donne notre assurance, notre dignité. Par exemple, si le pape vous appelait par téléphone un jour pour vous dire : « Tiens, j’ai beaucoup pensé à toi, et je souhaiterai que tu me rendes visite à Rome pour que nous allions dîner ensemble un soir. » Alors vous le diriez à tous vos amis, vous n’en reviendrez pas. Si vous n’aviez pas assez d’argent, vous emprunteriez de l’argent pour vous rendre là-bas ! Mais le pape vous dirait que ce n’est rien comparé à cet appel de Jésus à venir en sa présence.

Et le pape dit que le fait de venir en sa présence nous donne une dignité incomparable. St Paul écrit «nous tous qui contemplons le Seigneur sommes transformés de gloire en gloire, et nous sommes transformés en l’image et la ressemblance de Dieu lui-même. » Ce sujet me passionne car, quelle est la réponse à tous nos problèmes aujourd’hui ? Nous sommes au-delà de solutions humaines. Il nous faut une intervention divine. Et cette intervention divine viendra par la puissance du Saint-Sacrement. Souvenez-vous de la femme dans l’évangile qui en touchant Jésus par sa foi relâcha sa puissance. Elle a dit : « Si je touche au moins son vêtement, je serai sauvée. » Et aussitôt Jésus eut conscience de la force qui était sortie de lui et dit « Qui a touché mes vêtements ? » Votre foi touche le Cœur de Jésus et libère sa puissance et son amour guérissant sur vous, votre famille et le monde entier chaque fois que vous venez à lui au Saint-Sacrement dans une heure de prière.

En lisant beaucoup cette année et comme vous en faites allusion dans vos conférences, il semblerait que ce qui rend certaines personnes aussi saintes, comme Mère Térésa, le pape ou Mgr Sheen - pour qui beaucoup de monde dira ‘Wow, comment fait-il cela ou comment fait-elle cela ?’- il semblerait que le dénominateur commun de ces personnes soit leur adoration du Saint-Sacrement ?

C’est très juste. Une étude sur l’histoire de l’église montrerait que tous les grands saints ont ces trois choses en commun : leur fidélité pour le magistère de l’église, leur dévotion pour le Saint-Sacrement et leur amour pour la vierge Marie et le chapelet. Oui le Saint-Sacrement, l’Eucharistie, la messe, l’adoration furent le centre de la vie des grands saints ; et ceci est pareil pour Mère Teresa, le pape ou Mgr Sheen, trois personnes remarquables qui ont eut une vie très chargée. Je ne peux même pas m’imaginer les suivre pendant une simple journée, encore moins une semaine. Et pourtant Mgr Sheen faisait une heure d’adoration quotidienne, le Pape en fait deux par jour et Mère Teresa trois en présence de Jésus au Saint-Sacrement tous les jours. Et nous voyons leurs fruits. Et ceci nous sert de modèle et nous montre que notre vie portera du fruit quand nous nous unirons ainsi à la vigne, notre Seigneur au Saint-Sacrement. Et ceci est vrai même si nous ne nous sentons pas toujours utile, ou nous ne voyons pas de succès. Vous voyez, ce qui est merveilleux en allant devant notre Seigneur au Saint-Sacrement, c’est l’effet transformant. Nous lui donnons un échec et il le transforme en succès divin. Nous lui donnons tous nos échecs et il les change en succès par sa grâce. Ainsi aller devant le Saint-Sacrement est comme aller aux noces de Cana. Les serviteurs ont donné des jarres d’eau et il les a changées en vin. Nous allons devant le Saint-Sacrement avec l’eau de notre humanité, notre fragilité et nos échecs. Et il les change et transforme en vin de succès divin. Voilà pourquoi nous devrions avoir l’attitude de Pierre à la transfiguration, lorsqu’il a dit : « Seigneur, qu’il est bon d’être ici. »

Parlons de la Vierge Marie. Quel est son rôle dans tout ça?

Jésus est venu dans le monde par Marie, et c’est seulement par Marie que nous pouvons voir Jésus, avec les yeux de la foi, sur la terre, au Saint-Sacrement, ici avec nous maintenant, l’Emmanuel, Dieu avec nous. Lorsque l’archange Gabriel est apparu à Marie et lui a annoncé qu’elle allait devenir la mère de Jésus, sa réponse fut «comment cela est-il possible, je ne connais pas d’homme ? » Et pour beaucoup de personnes, lorsque nous leur présentons l’enseignement de l’Eglise et la doctrine de la transsubstantiation, ils disent de même «Comment est-ce possible ? » La réponse que l’ange a donnée à Marie, elle qui allait devenir la Mère de Jésus, est la réponse qui explique comment le pain devient le corps du Christ et le vin devient le précieux sang du Christ. L’ange a dit, «l’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très Haut te prendra sous son ombre » Et dans ce même magnifique passage nous lisons «car rien n’est impossible à Dieu. »

Ce qui se passe à la Sainte Messe est exactement pareil. De même que le Saint Esprit est descendu sur la Vierge Marie et la puissance du Très Haut l’a pris sous son ombre, c’est le même Esprit qui descend sur l’autel, sur les dons, sur le prêtre qui prend le pain et le change en corps du Christ et le vin en sang du Christ. Et le Concile Vatican II définit la sainte Messe comme le renouvellement du parfait sacrifice de Jésus sur la croix. C’est Marie qui nous apprend à aimer, à apprécier et à adorer le Verbe incarné de Dieu. Dans la bible, «le verbe pris chair et habita parmi nous » par la Vierge Marie. C’est de même, par Marie, dans sa maternité spirituelle, que notre foi, espérance et charité prennent naissance où nous voyons au Saint-Sacrement la continuation de la même action du Verbe incarné qui a pris chair au Saint-Sacrement et habite parmi nous dans la Sainte Eucharistie.

Quand vous allez dans une paroisse, comme ce soir dans notre paroisse, ou quand vous allez dans un archidiocèse, quelle est votre mission, quel est votre but ?

J’aimerais répondre à cette question en relation avec la question que vous m’avez posée plutôt sur l’adoration perpétuelle. Ma mission, mon but est toujours l’adoration perpétuelle. J’interviens à toutes les messes pour aider les fidèles à comprendre la présence réelle de Jésus au Saint-Sacrement, combien Jésus les aime et la valeur d’une heure d’adoration. Et ensuite, je leur propose de choisir une heure par semaine pour être avec Jésus en insistant sur l’importance de cette heure, car les meilleurs moments passés sur terre sont ceux passé avec notre meilleur ami Jésus au Saint-Sacrement.

Ma mission est toujours d’aider une paroisse à établir l’adoration perpétuelle eucharistique, car la sainte Bible dit dans l’Apocalypse que lorsque nous proclamons Jésus comme Roi, en lui donnant l’honneur et la gloire qui reviennent à son nom par l’adoration perpétuelle, alors il va manifester son royaume et nous aurons un deuxième, nouveau et plus glorieux paradis sur terre. Il y a 2000 ans, Pilate a dit « Voici votre Roi » et les gens ont dit « nous n’avons pas de roi ». Aller dans une paroisse et faire une présentation sur l’adoration perpétuelle est une autre manière de proclamer « Voici votre Roi ». Il y a 2000 ans, les gens ont dit, « nous n’avons pas de roi » et ils ont élevé Jésus dans la haine. Aller en paroisse et faire un appel pour l’adoration perpétuelle revient à dire « voici votre roi », proclamons maintenant le Roi et élevons-le dans l’amour. Et c’est ce que le Père éternel attend de nous. Tout ce que le Père céleste attend est que nous exprimions notre gratitude, de plein cœur, pour tout ce que Jésus a fait pour notre salut. Dans l’Apocalypse, c’est si merveilleux, car l’ange dit à Jean (il y a plusieurs anges sur l’autel alors), l’ange dit à Jean : « viens et je te montrerai ce qui va se passer dans les temps à venir. » Et Jean a une vision du peuple de Dieu allant devant l’agneau (l’agneau est la présence sacrificielle de Jésus au Saint-Sacrement), et l’écriture dit « ils sont devant l’agneau jour et nuit, sans pause » dans une adoration perpétuelle, en chantant « Digne est l’agneau immolé de recevoir l’honneur, la louange, la gloire. » Ensuite, « Du trône de l’agneau coule une rivière de cristal, guérissant les nations, où chaque créature de l’univers » nous dit l’écriture « s’agenouille devant l’agneau » et dit « à l’agneau sur le trône soit l’honneur, la gloire et la louange pour les siècles des siècles. » Et ceci fit venir les cieux nouveaux et la terre nouvelle où il n’y avait plus besoin de soleil, car l’agneau au Saint-Sacrement était la lumière.

Lorsque vous allez dans des paroisses, est-ce que vous entendez des gens vous dire « une heure par semaine, je n’ai pas le temps ? »

On parle en effet de ceci. Mais personne ne pose cette question, car on essaie d’y répondre à l’avance. Les gens veulent savoir que faire pendant cette heure d’adoration. Et on essaie d’expliquer ce qu’est une heure d’adoration ou une heure sainte. Car ce n’est pas vous qui rendez l’heure sainte, Jésus la rend sainte. Tout ce qu’il veut que vous fassiez est d’être là. Une heure d’adoration est facile à faire, car Jésus est vraiment la personne la plus facile au monde à plaire. Vous pouvez utiliser votre propre livre de prière, vous pouvez lire la Bible, prier le chapelet ou parler à Jésus, cœur à cœur comme avec un ami. Il se peut aussi que vous soyez si fatigués et accablés que vous ne vouliez rien faire si ce n’est de vous asseoir et vous reposer en ressentant la douce paix qui provient simplement du fait d’être en présence du même Jésus qui disait dans l’évangile : « Venez à moi vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau et je vous soulagerai. » On essaie donc de diriger les fidèles dans leur décision vers le passage de l’évangile où Jésus dit à Marthe, « Tu es préoccupé par beaucoup de choses, pourtant une seule est nécessaire. Marie, ta sœur, a choisi la meilleurepart, et elle ne lui sera pas enlevée. » On essaie donc d’expliquer pourquoi prendre du temps pour être avec Jésus est la meilleure part, pourquoi c’est la seule nécessaire et on parle des nombreuses grâces reçues.

Vous parlez dans vos cassettes, si je ne me trompe pas, de conviction. Si on croit réellement que Jésus est présent dans l’Eucharistie, on ne pourrait rester loin de lui, mais on quitterait virtuellement tout dans notre vie pour être là avec lui. Quant à moi, je crois, mais je me demande si je crois suffisamment ou si je crois convenablement ?

Je pense que la foi vient progressivement. St Paul nous dit « la foi est l’assurance de ce que nous espérons et la conviction de ce que nous ne voyons pas. » Jésus s’est tourné vers Thomas en disant, « Thomas, tu crois car tu m’as vu, bienheureux sont ceux qui croient sans avoir vu. » Donc il vous appelle bienheureux car vous allez devant notre Seigneur au Saint-Sacrement même si vous ne le voyez pas de vos propres yeux, mais avec les yeux de la foi. Et pour chaque heure que vous passez avec lui, vous grandissez dans la foi jusqu’au jour où vous atteindrez la conviction que vous souhaiteriez avoir maintenant.

Pouvez-vous parler de l’analogie que vous faites avec le soleil, je l’aime beaucoup.

Tout dans l’univers est un signe de l’amour, de la puissance et la présence de Jésus dans l’Eucharistie. Et de même que le soleil dans le ciel est la source naturelle de toute lumière, de toute énergie, de toute chaleur et de toute vie sans laquelle nous n’aurions pas la photosynthèse, de même le Saint-Sacrement est la source surnaturelle de tout amour, de toute lumière surnaturelle qu’on appelle sagesse, de toute énergie surnaturelle qu’on appelle grâce. De même qu’on ne pourrait vivre au niveau naturel sans le soleil, on ne peut vivre au niveau surnaturel sans le Saint-Sacrement, sans le Cœur de Jésus au Saint-Sacrement. Chaque fois que les mystiques ont vu le Cœur de Jésus, chaque fois qu’il a révélé son Cœur à un mystique, il était brûlant d’amour pour les hommes et ils l’ont vu comme un million de soleils représentant tout son amour. C’est la raison pour laquelle Jésus a dit qu’il y aurait des signes du soleil dans le ciel, pour indiquer qu’il est sur le point de venir de nouveau dans la gloire, car sa gloire se manifestera par le Saint-Sacrement. Le soleil dans le ciel est un signe de grande puissance. Mais en comparaison avec le Saint-Sacrement, le soleil n’a pas de puissance du tout. Dans l’Apocalypse, il est écrit qu’un jour, il n’y aura plus besoin de soleil, car l’Agneau (la présence sacrificielle du Christ au Saint-Sacrement) sera la lumière. Ainsi en parlant de l’ordre surnaturel, lorsque nous allons devant le Saint-Sacrement, nous sommes plongés dans cette lumière. C’est la raison pour laquelle Jésus a dit : « Je suis la lumière du monde ». Le Saint-Sacrement est Jésus. Le Saint-Sacrement est la lumière du monde. Et quand nous allons en sa présence, un des effets est que sa lumière resplendit dans les ténèbres. Il dit « De toute votre inquiétude, déchargez-vous sur lui, car il prend soin de vous. » (1 P 5 7) Car l’état où nous devrions être est un état où il n’y a pas de pensée négative, pas de découragements, pas de doute, ni d’inquiétude. Le pape a si souvent répété : ‘N’ayez pas peur’. Car aller devant le Saint-Sacrement, comme aller sous le soleil est le contraire des ténèbres. Nous sommes remplis de cette lumière qui repousse les ténèbres et toutes pensées négatives. Le nuage dans le ciel cache le soleil, et nous savons que dans l’ancien Testament, le nuage est toujours accompagné de l’arche de l’alliance, car dans le langage biblique le nuage représente la présence cachée, mystérieuse de Dieu. Quand nous regardons le Saint-Sacrement, c’est comme regarder ce nuage qui cache la gloire, la présence, la présence personnelle de Jésus au Saint-Sacrement. Mais je suis convaincu que le jour où on aura suffisamment de chapelles d’adoration perpétuelle pour satisfaire la soif du Cœur de Jésus à être aimé par son épouse, l’église, alors il va dévoiler au monde entier sa miséricorde divine, où les rayons divins émanant du Saint-Sacrement que Sœur Faustine a vu seront vus par tout le monde. Et ce sera comme l’aube qui repousse toutes ténèbres. Ces rayons seront rendus visibles et apporteront cette vision magnifique de Paul où « tout genou fléchira et toute langue professera que Jésus-Christ est Seigneur. » Et une fois que l’humanité revient à Dieu par le grand miracle eucharistique, la nature reviendra à l’homme et nous aurons un nouveau et plus glorieux paradis sur terre.

Etait-ce Sainte Marguerite-Marie qui disait que Jésus souffrait davantage maintenant à cause de notre indifférence qu’il y a 2000 ans ?

Voici ce que Jésus a dit à Sainte Marguerite Marie « Voici ce cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné pour leur témoigner son amour. Et en retour je ne reçois de la plupart que des ingratitudes dans ce sacrement d’amour. » C’est le message que nous aurions dû comprendre et qu’elle a dû révéler au monde. Après tous ces siècles, il y avait cette immense indifférence envers sa présence au Saint-Sacrement. Et un jour quand elle était à genoux devant le Saint-Sacrement exposé, il s’est révélé ainsi : ‘J’ai soif, mais d’une soif si ardente d’être aimé des hommes au Saint-Sacrement, que cette soif me consume.’ Et elle a demandé à Jésus pourquoi les épines étaient autour de son cœur et non pas autour de sa tête. Jésus lui a répondu que c’était parce que les épines symbolisent la peine qu’il ressent à cause de l’immense indifférence et ingratitude envers sa présence et son amour au Saint-Sacrement. Et il dit qu’il souffre plus maintenant du fait de l’ingratitude et de l’indifférence des hommes que ce qu’il a souffert pendant toute sa passion, car c’est grâce à sa passion qu’il nous donne le don de son Corps, Sang, Âme et Divinité dans l’Eucharistie. Il a donné son cœur sur la croix par amour pour nous, pour nous donner son corps dans la Sainte communion et nous donner son corps au Saint-Sacrement pour devenir notre compagnon divin sur notre chemin sur terre. Et il a dit ‘Si tu crois, tu verras la puissance de mon Cœur dans la magnificence de mon amour. Je régnerai dans tous les cœurs, dans toutes les maisons, dans toutes les nations par la toute puissance de mon Cœur au Saint-Sacrement.’ Ainsi, en parlant de l’omnipotence de son Cœur, elle a vu ce Cœur brûlant comme un million de soleils, et nous retrouvons ce lien magnifique avec le soleil.

Quand vous allez dans une paroisse ; pour quelqu’un comme moi assit sur un banc, écoutant ce que vous avez à dire sur le besoin de l’adoration eucharistique dans nos vies, quel est le message principal ? Quel est le message pour quelqu’un comme moi ou pour ceux qui vous entendront ce soir ?

J’aime aider les gens à comprendre le message que le Saint-Sacrement est notre Seigneur ressuscité, avec toute la puissance de sa résurrection se répandant sur ceux qui viennent en sa présence. Et il est là comme il est apparu à Thomas et aux apôtres, avec ses plaies, mais ses plaies sont maintenant glorifiées. Et ses blessures représentent les cinq grâces que nous recevons chaque fois que nous allons en sa présence. Ces cinq grâces sont les suivantes : la sanctification, la transformation, réparation, salut et restauration. Car l’église enseigne que chaque moment passé en présence du Saint-Sacrement approfondit notre union avec le Christ. C’est la sanctification. Et l’église enseigne aussi qu’à chaque moment passé en sa présence nous sommes transformés, allant de gloire en gloire et nous sommes changés en l’image et la ressemblance de Dieu lui-même. C’est la doctrine paulinienne.

Au mont Thabor, c’est Jésus qui était transfiguré et Pierre a dit « Qu’il est bon de se tenir ici ». En allant devant notre Seigneur au Saint-Sacrement, nous allons sur un mont Thabor spirituel. C’est Jésus qui nous transfigure. La troisième grâce est la réparation. Vous savez que quand vous aimez quelqu’un, vous ressentez beaucoup de joie en étant avec la personne que vous aimez. Puisque Jésus vous aime infiniment, illimitée est la joie que vous lui apportez en allant à lui. Et ceci répare/supplée pour tous ceux qui ne le connaissent pas, ne l’aiment pas, et fait descendre les grâces qu’il a gagnées au Calvaire sur toute l’humanité. La quatrième grâce est le salut. Notre pape Jean-Paul II dit qu’en allant devant notre Seigneur au Saint-Sacrement, nous représentons ceux qui ont le plus besoin de la miséricorde de Dieu, c’est-à-dire ceux qui ne connaissent pas le Christ ou qui sont le plus loin de Dieu. Et nous faisons descendre sur ces âmes le précieux sang de l’Agneau, pour qu’ils aillent au ciel avec Dieu pour toujours. Nous gagnons pour elles la grâce du salut, pour retourner au Cœur de Dieu. C’est pourquoi à Fatima, Notre Dame nous demande d’aller devant le Saint-Sacrement, car nous pouvons aimer Dieu pour ceux qui ne l’aiment pas, et nous pouvons rendre grâce à Dieu pour ceux qui ne le font pas, et nous pouvons offrir à Dieu le Père les mérites infinis du Sacré Cœur de Jésus, avec les mérites du Cœur Immaculé, pour la conversion du monde entier. La cinquième grâce est celle de la restauration. Le pape explique que l’adoration du Saint-Sacrement apportera la transformation radicale du monde, un nouveau ciel et une terre nouvelle. Le message est que lorsque nous proclamons Jésus Roi, en lui donnant l’honneur et la gloire qui reviennent à son nom par l’adoration perpétuelle, alors il proclamera son royaume. Nous pouvons voir ça dans le contexte biblique : qui est le prince du monde aujourd’hui ? Ça n’est pas Jésus, mais satan est le prince du monde. Tant qu’il est le prince du monde, nous aurons des divisions, des ténèbres, nous aurons l’inhumanité de l’homme pour l’homme. Le message que j’aime donner en termes d’adoration perpétuelle est que par l’adoration perpétuelle on intronise Jésus Roi d’amour et de miséricorde et il fait descendre les grâces infinies de son amour et sa miséricorde sur le monde.

Ce message se trouve aussi dans de nombreux passages de la Bible. Deux aveugles sont allés à Jésus et lui ont dit « Jésus, Fils de David, aie pitié de nous. » Et Jésus leur a dit : « Croyez-vous que je peux faire ceci ? » Et ils ont dit « Oui, Seigneur, nous croyons que tu peux faire ceci. » Lorsque nous avons une chapelle d’adoration perpétuelle, nous avons cette foi dans le Cœur du Christ, nous croyons en son amour et nous disons Oui, qu’il peut tout faire juste maintenant. Il peut transformer le monde, il peut renouveler la face de la terre avec le feu de son amour divin. Il a dit « Je suis venu jeter un feu sur terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé. » Un autre épisode est celui du lépreux qui est venu à Jésus et lui a dit « Jésus, si tu le veux, tu peux me guérir. » Le monde est aujourd’hui comme un lépreux plein de blessures ouvertes, toutes différentes. En allant devant notre Seigneur au Saint-Sacrement, nous représentons la pauvreté, le besoin, la misère de toute l’humanité, avec cette foi disant « Jésus, si tu le veux, tu peux me guérir. Tu peux guérir ceux que j’aime, ma famille, la paroisse, le diocèse, le pays.» Avec cette foi, sa réponse sera la même pour nous et pour le monde qu’elle était pour le lépreux. Il a dit « Je le veux, sois purifié ! » Voilà le message.

Ceci me donne envie d’aller m’asseoir devant le Saint-Sacrement en réalisant qu’il y a tant de puissance qui se répand sur le monde entier.

Le pape écrit « Toute personne qui prie le Sauveur entraîne à sa suite le monde entier et l’élève à Dieu. Ceux qui se tiennent devant le Seigneur remplissent donc un service éminent ; ils présentent au Christ tous ceux qui ne le connaissent pas ou ceux qui sont loin de lui ; ils veillent devant lui, en leur nom. » Ainsi en touchant le Cœur de Jésus dans un acte de foi, vous touchez le cœur de toute l’humanité, et chaque homme, femme, enfant reçoit un nouvel effet de la grâce de Dieu, de l’amour de Dieu. Comment mesurer la valeur d’une heure d’adoration ? Nous mesurons la valeur d’une heure d’adoration par la mesure de l’amour de Jésus pour nous et pour la personne qui vient devant lui au Saint-Sacrement, et cet amour est infini. Ainsi, la mesure est infinie. Et Jésus disant dans son discours eucharistique « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimé », voilà la valeur d’une heure sainte. En demeurant dans son amour, la valeur d’une heure d’adoration est aussi grande que l’amour du Père pour le Fils, qui est infini. Et c’est dans cette mesure que les grâces descendent du ciel sur le monde.

Il y a actuellement seulement 16 chapelles d’adoration perpétuelle à Saint Louis. Pourquoi pas plus ? Pourquoi tant de résistance ?

Je pense que la résistance est inconsciente. St Paul dit « la foi vient de la prédication, et comment peuvent-ils entendre si personne ne prêche ? » Et le pape appelle tout le peuple de Dieu à prêcher. Si chacun dans le diocèse de Saint Louis connaissait les trois choses que le pape dit sur l’adoration: d’abord que toute heure d’adoration attire chaque personne et le monde entier plus près du Seigneur en faisant descendre les bénédictions de Dieu sur chacun ; ensuite quand nous allons devant le Saint-Sacrement, nous représentons celui qui a le plus besoin de la grâce de Dieu et nous faisons descendre le précieux sang de l’Agneau pour qu’il revienne à Dieu pour toute l’éternité. Et la troisième est que l’adoration contribue à la transformation radicale du monde. Si tout le monde dans l’archidiocèse savait au moins ces trois choses qui peuvent s’exprimer en une minute, alors je pense qu’on aurait l’adoration perpétuelle dans toutes les paroisses. Donc c’est une question de transmettre le message, et s’il doit être proclamé de porte-à-porte, ça en vaut la peine. Si on rencontre des gens qui font du porte-à-porte pour vendre une encyclopédie, et bien combien plus important est-il de faire porte-à-porte pour dire aux gens les merveilles d’amour de notre Seigneur au Saint-Sacrement, les grandes grâces d’aller devant lui. Je pense qu’en réponse à la question, on doit répondre à l’appel du pape et évangéliser. Les laïcs doivent apprendre à s’évangéliser les uns les autres et aller dans les paroisses. Je pense que toute la paroisse pourrait être évangélisée en peu de temps, peut être six mois, mais quelle grande paroisse elle deviendrait, où tout le monde viendrait devant le Saint-Sacrement. Voilà donc, je pense, la raison pour laquelle on n’a pas plus de chapelle d’adoration perpétuelle. Il nous faudrait peut-être une école d’évangélisation, pour que les laïcs évangélisent davantage.

Certains pensent que l’adoration rend notre foi privée, et peut nous séparer de la communauté. Qu’en pensez vous ?

Bien, notre Saint Père dit que notre amour communautaire pour Jésus à la messe doit aller de pair avec notre amour personnel pour Jésus au Saint-Sacrement dans des heures d’adoration pour que notre amour soit complet. Nous avons perdu des millions de catholiques en Amérique latine à des groupes fondamentalistes, car ses groupes fondamentalistes parlent d’une relation personnelle avec Jésus, notre Sauveur. Mais c’est nous qui avons la réponse pour une relation authentique avec Jésus, notre Sauveur, car en allant devant lui au Saint-Sacrement, nous allons devant lui en personne. Ensuite, plus notre relation personnelle avec Jésus est riche, plus nous sommes capables de nous aimer les uns les autres, avec tendresse et compassion. Il y a une prière magnifique qui demande au cœur de Jésus au Saint-Sacrement de rendre notre cœur comme le sien. Et le pape Paul VI a écrit un document remarquable sur le fait qu’en allant devant le Saint-Sacrement, notre cœur est transformé à l’image et la ressemblance du sien. Ainsi en allant devant le Saint-Sacrement, nous acquerrons ses attributs, ses qualités, ou alors, en nous voyant tant aimé par lui, on est rendu capables de nous aimer les uns les autres. Il est très dur d’aimer quelqu’un si l’on ne se sent pas aimé. Mais plus vous vous sentez aimé et vous vous savez aimé, plus c’est facile d’aimer votre épouse, vos enfants, vos amis, votre prêtre et le monde entier. Voilà pourquoi les trois personnes dont vous avez parlées plus tôt, le pape Jean-Paul II, Mère Térésa et l’évêque Sheen pouvaient atteindre et embrasser le monde entier, car ils étaient convaincus de l’amour infini de Jésus pour eux. Puisque Jésus les aime sans limites, il n’y avait pas de limites non plus dans leur mission sur terre.

Ainsi cette relation personnelle privée que nous avons avec le Saint-Sacrement est une clé essentielle à notre foi ?

C’est une relation personnelle, absolument. Notre Seigneur a dit « Venez à moi », sur chaque page de l’évangile, il dit « Venez à moi vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau et je vous soulagerai ». Toute sa relation avec les apôtres était personnelle. Que le Seigneur nous appelle en communauté, c’est absolument vrai, pour construire une communauté, une civilisation d’amour. Mais ce qui la rend possible est une relation saine, heureuse et aimante avec notre Seigneur au Saint-Sacrement, qui a dit « Je suis la vigne, vous êtes les sarments. » C’est une relation personnelle. Et il ajoute « Demeurez en moi » Il nous appelle à une relation personnelle avec lui. « Demeurez en moi et je demeurerai en vous, car celui qui demeure en moi portera beaucoup de fruits. » Et une partie de ce fruit est notre aptitude à aimer comme il nous a aimés. Il nous a demandés, même commandés de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés.

Une autre chose... Parlez rapidement du fruit de l’adoration et de l’adoration perpétuelle. Je sais que dans vos conférences vous parlez de paix. Est-ce que nous recevrons la paix ?

Chaque personne qui va devant le Saint-Sacrement trouvera ce que les gens dans l’évangile ont trouvé en allant devant notre Seigneur et c’est la paix. Il a dit « La crainte est inutile, ce qui importe est la foi. » « Tout est possible à l’homme qui croit ». « Déchargez-vous de toute inquiétude sur le Seigneur qui prend soin de vous. » « Ma paix est mon don pour vous. »

Ainsi en voyageant autour de la terre, vous avez vu les fruits de l’adoration perpétuelle ?

J’étais à Singapour et 75% des gens qui allaient dans la chapelle avaient moins de 25 ans. Et j’ai parlé à environ 100 d’entre eux et ils m’ont tous dit que s’ils vont avec tant d’enthousiasme dans la chapelle, c’est parce que c’est là qu’ils trouvent la paix dans un monde si bruyant. C’est là qu’ils trouvent la paix dans un monde qui n’a pas beaucoup de sens pour eux. Et c’était l’expérience émouvante de la paix du Seigneur, la grâce de cette paix, qui les poussait à aller dans la chapelle. Et souvent, je ne pouvais me rendre moi-même dans la chapelle, tant il y avait de jeunes dedans.

Une dernière chose à ajouter ?

J’aimerais ajouter ceci, que nous avons beaucoup de chance dans l’archidiocèse d’avoir ce don que Dieu nous a donné en l’archevêque Justin Rigali et ses prêtres admirables et saints qui travaillent dans la même vision que lui. Et le pape dit, qu’à la différence des autres temps, c’est maintenant le temps où Dieu et la vierge Marie ont donné aux laïcs l’opportunité d’évangéliser. C’est un appel si grand et il appelle les laïcs pour évangéliser. Même si vous donnez cette conférence à quelqu’un, c’est une forme d’évangélisation. Tout ce que vous essayez de faire pour amener les autres devant le Saint-Sacrement fait partie de l’évangélisation eucharistique. Et le pape a dit que c’est le temps pour l’évangélisation eucharistique et il a appelé toutes les paroisses à avoir l’adoration perpétuelle eucharistique, car c’est ce qui va apporter le royaume de Dieu sur terre et la paix éternelle pour l’humanité.

Copyright - MSS

Retour à la page précédente