Dina Bélanger (1898, 1929)
Extraits du cahier « Mission
eucharistique de Dina Bélanger » et des feuillets et poèmes
« Jésus cherche des âmes qui le consolent. Son Coeur
eucharistique souffre! Oh ! comme il souffre! ... Il désire des âmes
entièrement livrées à son amour; des âmes délicates
qui, non seulement ne lui refusent rien, mais saisissent avec empressement l'occasion
de lui faire plaisir, qui préviennent ses désirs et l'entourent
d'attentions, petites en elles-mêmes et néanmoins très grandes
par la charité; des âmes qui lui offrent tous les petits riens
que sa bonté sème à chaque instant au cours d'une journée,
ces mille vétilles qui, parfumées par l'amour pur, sont comme
une gerbe étincelante de mille roses immaculées. Jésus
souffre ... Combien peu d'âmes comprennent la plainte de son Coeur au
tabernacle! ... Plusieurs l'entendent, bien peu, hélas! la comprennent!
» (Autobiographie p 254, 23 février 1926)
« Le Coeur eucharistique m'attire de plus en plus en l'Hostie. Rien qu'à
passer près de la chapelle, je sens une force irrésistible qui
m'invite. Auprès du tabernacle, j'éprouve une joie que je ne sais
pas définir. Quand le Saint-Sacrement est exposé, je suis tout
envahie et comme paralysée par ce doux Coeur eucharistique. Quand je
quitte la chapelle, il me faut m'arracher à ce divin Prisonnier. Pourtant,
je ne cesse pas d'habiter en lui; tout cela se passe dans le Coeur de la Très
Sainte Trinité, immensément loin de la terre; mais enfin, Jésus
veut me faire jouir de lui en son Eucharistie et me faire souffrir l'ennui loin
de son Hostie sainte. » (Autobiographie p 273, 11 juin 1926)
« Je te donne aujourd'hui, je fais passer en ton néant la pensée
de mon Coeur eucharistique. Mon Coeur pense sans cesse à unir les âmes
à lui par l'Eucharistie, comme il est uni lui-même à mon
Père par l'amour et la charité parfaites. Mon Père, qu'ils
soient un en nous comme nous sommes un. Voilà la prière qui est
l'expression de la pensée de mon Coeur eucharistique. Garde donc ma pensée,
et, en moi et par moi, récite ma prière. » (Autobiographie,
p. 309)
« La grâce de mon calice, c'est ma présence réelle
que je te donne, comme dans la sainte Hostie. Je te l'ai déjà
dit, mais j'ai permis que tu ne comprennes pas clairement. Tu me possèdes
constamment et réellement, comme durant les quelques minutes qui suivent
la communion sacramentelle. Ma puissance et ma bonté sont infinies. Il
est aussi facile pour moi de me donner à toi réellement par une
grâce intérieure, tout intime, et que personne ne voit, que de
me cacher dans l'Hostie consacrée ou dans le calice, à l'autel,
sous l'apparence du vin. Ma petite épouse, [...] je veux te combler.
Et cela, toujours dans le même but: pour la gloire de mon Père,
la consolation de mon Coeur, le salut et la sanctification des âmes.»
(Autobiographie, p. 357, 5 avril 1928)
« Depuis quelques semaines, le jeudi et le vendredi, l'union avec le Coeur
de Jésus m'est donc comme sa présence réelle après
la sainte communion, tant que dure l'Hostie consacrée. Notre-Seigneur
m'a fait comprendre, ce matin, que c'était bien aussi facile pour lui
de se donner à moi par son calice béni et de me perpétuer
sa présence sensible durant deux jours, par un acte intérieur
et invisible, que sous l'espèce visible de la sainte Hostie durant un
quart d'heure environ. Je goûte une intimité profonde et inexprimable
avec mon bon Maître. » (Autobiographie, p. 290, 2 décembre
1924)
« Mon Coeur pense continuellement aux âmes, et la plupart des âmes
ne s'occupent pas de moi! Je cherche une âme qui représente l'humanité
entière, une âme à qui je puisse accorder la grâce
de penser continuellement à Dieu. Je me suis substitué à
toi; ma petite Moi-même, je te choisis pour cette âme. Je veux faire
passer en ton néant ma pensée éternelle de Dieu. »
(Autobiographie, p. 308)
« De plus en plus, pour me satisfaire, il me faudrait toutes les douleurs,
les humiliations et les angoisses de mon Jésus durant sa vie terrestre,
depuis l'Incarnation jusqu'au Calvaire; et durant toute sa vie eucharistique,
depuis l'institution de l'adorable Sacrement, à la dernière Cène,
jusqu'à la fin des temps. Il est vrai que Notre-Seigneur, dans l'Hostie,
ne peut pas souffrir depuis sa Résurrection; mais l'outrage, le mépris,
la haine, l'oubli, l'indifférence, l'ingratitude l'atteignent quand même
et blessent son Coeur eucharistique. Ah ! que ne puis-je souffrir tous les tourments
infligés à son corps sacré, toutes les afflictions de son
âme très sainte, enfin le martyre d'amour insondable de son Coeur!
Je l'aime, mon Jésus, et parce que je l'aime, je voudrais pouvoir souffrir
pour lui, en union avec lui, autant qu'il a voulu souffrir pour moi. Il m'a
aimée et il m'aime à la folie; pour répondre à son
amour excessif, je veux l'aimer à l'infini, et s'il lui plaît de
m'en donner la grâce, je l'aimerai lui-même avec son Coeur jusqu'à
l'infiniment infini. » (Autobiographie, p. 353)
« Une âme ne peut pas s'approcher de mon Coeur sans être heureuse,
parce que je suis le Foyer de la joie et du bonheur. Même dans les moments
où j'associe une âme le plus intimement à ma Passion et
à mes souffrances, je sais changer pour elle en douceurs toutes les amertumes.
Ma petite Moi-même, je te garde dans mon Coeur et dans les profondeurs
de l'Essence de la Très Sainte Trinité, je veux donc que tu jouisses
comme moi, dès maintenant, dans la mesure où tu souffres avec
moi, dans la mesure de ton amour pour moi et de la consolation que tu me donnes.
La joie parfaite et constante en moi est la plus grande preuve de l'union parfaite
et constante avec moi. Tu m'aimes sincèrement, c'est moi qui agis en
toi et à ta place, je veux donc le prouver par le rayonnement de ma joie
divine. » (Autobiographie, p. 381)
« Notre-Seigneur, Homme-Dieu, me fit voir son Coeur adorable dans
l'Hostie sainte. Je ne regardai pas son Visage sacré, mais son Coeur
et l'Hostie me captivaient. Les deux, son Coeur et l'Hostie, étaient
parfaitement unis, tellement l'un dans l'autre que je ne puis pas expliquer
comment il m'était possible de les distinguer l'un de l'autre. De l'Hostie,
émanait une immensité de rayons de lumière. De son Coeur,
jaillissait une immensité de flammes, lesquelles s'échappaient
comme en torrents pressés. La Très Sainte Vierge était
là, si près de Notre-Seigneur qu'elle était comme absorbée
par lui et, pourtant, je la voyais distinctement de lui. Oh ! qu'elle était
pure! qu'elle était pure! [ ... ] Je ne ferais que répéter
ce mot: qu'elle était pure!
Toutes les lumières de l'Hostie et toutes les flammes du Coeur de Jésus
passaient par le Coeur immaculé de la Très Sainte Vierge. Notre-Seigneur
me dit: Oui, faites-moi régner à Jésus-Marie. À
cette vue, à ces paroles, toujours intérieurement, à genoux,
je tombai prosternée, comme anéantie d'amour en présence
de mon Dieu, et avec un accent de supplication que je ne connaissais pas, je
dis: «ô Coeur Eucharistique de Jésus, je t'en supplie, par
Notre-Dame du Coeur Eucharistique, règne dans toutes les âmes
comme tu le veux. »
Notre-Seigneur me fit voir ensuite, un peu au-dessous de lui et de sa Mère
très pure, toutes les religieuses de Jésus-Marie réunies
comme dans une plaine. Les lumières de l'Hostie et les flammes de son
Coeur Sacré, passant par le Coeur de la Sainte Vierge, descendaient sur
les religieuses de notre Congrégation et, des religieuses, elles rayonnaient
sur une multitude incalculable d'âmes qui, de tous côtés,
les entouraient à perte de vue et se tenaient tournées vers elles.
Notre-Seigneur me dit: Mon coeur déborde de grâces pour les
âmes. Amenez-les à mon Coeur Eucharistique.
De plus, la Très Sainte Vierge attirait toutes les âmes vers elle
pour les conduire au Coeur eucharistique. Enfin, je vis une multitude innombrable
d'anges autour du Coeur eucharistique, une multitude aussi à perte de
vue. En leur langage céleste, ils répétaient: GLOIRE AU
ROI IMMORTEL DES SIÈCLES! (4 juin 1928)
Feuillet : « LES DÉSIRS
DU COEUR EUCHARISTIQUE DE JÉSUS »
Être visité
«Je désire particulièrement l'application à me visiter
au Saint-Sacrement avec et comme ma très sainte Mère. Je veux
que ces visites soient des «visites d'amour », des visites de consolation
pour mon Coeur. Je veux qu'à chacune de ces visites, les âmes se
retirent chargées de mes richesses infinies pour elles-mêmes et
pour les autres. » «Je désire qu'elles prennent l'habitude
de me faire des visites en esprit: une seule pensée, un regard de l'âme
vers mon Coeur Eucharistique suffit. Enfin, qu'elles me visitent en compagnie
de ma très sainte Mère. C'est elle qui leur apprendra comment
me consoler et comment participer à mes richesses divines. »
Se donner en nourriture
Aujourd'hui, mercredi saint, je suis pénétrée de sa tendresse infinie, de son désir immense de se donner Lui-même en nourriture aux âmes. C'est son Cur eucharistique qui me communique quelques étincelles de son amour inconcevable. J'entends, à tout moment son soupir divin : «J'ai désiré d'un grand désir de manger cette Pâque avec vous! » il a toujours hâte, grande hâte de se donner!
13 avril 1927
Faire des confidences
Notre-Seigneur me donna comme sujet: L'amour et la tendresse de son Coeur Eucharistique.
Peu après, il me dit : « Mon Coeur Eucharistique aime beaucoup
à faire des confidences aux âmes; c'est comme un besoin pour Lui.
Mais il trouve peu d'âmes pures qui Le comprennent. Pour recevoir mes
confidences intimes, il faut une âme bien pure, une âme qui s'applique
constamment à penser et à agir purement pour Moi. Je voudrais
beaucoup d'âmes bien pures. »
14 avril 1927 jeudi saint
Régner dans les âmes
« Mon Coeur Eucharistique a deux grands désirs dont l'ardeur le
ferait mourir à tout instant s'Il pouvait mourir encore: le désir
de régner dans les âmes par l'amour, et le désir de donner
aux âmes l'immensité de ses grâces. Épouse de mon
Coeur, soulager l'un ou l'autre de mes désirs, c'est renouveler chaque
fois la joie qu'a éprouvée mon Coeur Eucharistique, en instituant
l'adorable sacrement. »
11 juin 1928
et donner ses grâces
Il n'y a pas d'invocation qui réponde mieux à l'immense désir
de mon Coeur Eucharistique de régner dans les âmes que: Coeur Eucharistique
de Jésus, que votre règne arrive par le Coeur Immaculé
de Marie; et à mon désir non moins infini de donner mes grâces
aux âmes que: Coeur Eucharistique de Jésus, brûlant d'amour
pour nous, embrasez nos coeurs d'amour pour vous. Quand vous dites "nos
coeurs", ayez en vue toutes les âmes du présent et de l'avenir.
11 juin 1928
Partager les pensées de son Coeur
Ce matin, au moment de la communion, il me dit : « Je te donne aujourd'hui,
Je fais passer en ton néant la pensée de mon Coeur Eucharistique.
Mon Coeur pense sans cesse à unir les âmes à Lui par l'Eucharistie,
comme il est uni Lui-même à mon Père par l'amour, dans l'unité
et la charité parfaites.
Mon Père, qu'ils soient un en nous comme nous sommes un, vous en moi,
et moi en vous. Voilà, poursuivit-il, la prière qui est l'expression
de la pensée de mon Coeur Eucharistique, Garde donc ma pensée
et, en Moi et par Moi, récite ma prière.
14 avril 1927
Être offert au Père
Que veux-tu, mon Jésus, lui demandai-je, pour être consolé
? - Offre-Moi à mon Père, me répondit-il; offre l'amour
et la patience de mon Coeur Eucharistique. Par l'offrande de mon Coeur, tu supplées
infiniment pour tous les outrages que, mon Père et Moi, nous recevons;
tu supplées au manque d'amour des âmes consacrées.
23 août 1928
Que les âmes s'appliquent à s'unir à mon Coeur Eucharistique
durant le messe qu'elles entendent chaque matin; qu'elles s'appliquent à
recueillir pour elles-mêmes, et à appliquer aux âmes les
richesses infinies de mon Coeur Eucharistique. Durant la journée, qu'elles
renouvellent cette intention par l'union à mon Sacrifice qui est perpétuel
et par l'offrande à mon Père de mon Coeur Eucharistique. . non
daté
Feuillet : « LA DÉVOTION
EUCHARISTIQUE »
Se laisser combler par l'Eucharistie
La sainte communion dans une âme consumée en Jésus, c'est
le déversement de l'Infini, c'est la complaisance de la souveraine Perfection
dans la suprême Beauté, c'est la donation de l'Eternel à
l'Incréé, l'embrassement de Dieu le Père et de son Verbe
engendrant l'Esprit de charité, un jaillissement d'amour des trois personnes
adorables entre elles, une effusion de tendresse du Coeur de l'Unité
indivisible.
20 juin 1925
Avoir faim de l'Eucharistie
Les choses extérieures ne m'occupaient pas, je pensais à Celui qui allait devenir mon Hôte sacré. Mon bonheur fut immense. Jésus était à moi et j'étais à Lui. Cette première union intime laissa dans mon âme, entre autres grâces, la faim de son Corps et de son Sang, faim qui allait s'accroître à chacune de ses visites dans l'avenir...
2 mai 1907
C'était mon bonheur le plus doux que de m'approcher, chaque matin, de
la sainte Table et de m'unir à Notre-Seigneur.
1909
Si les âmes comprenaient quel trésor elles possèdent dans
la divine Eucharistie, il faudrait protéger les tabernacles par des remparts
inexpugnables; car, dans le délire d'une faim sainte et dévorante,
elles iraient elles-mêmes se nourrir.
21 juin 1925
Poèmes eucharistiques
A mon hostie du lendemain
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Prête moi ton cur En ton cur pur, Marie, Ô Vierge unique, Je viens puiser le plus parfait amour, Pour réjouir le Cur Eucharistique, Ah ! Prête-moi tes ardeurs, sans retour. En ta sainte âme, Ô fournaise mystique, Je viens puiser l'amour adorateur, Pour rendre hommage au Cur Eucharistique, Vierge d'amour, ah ! Prête-moi ton Cur. Notre-Dame, abîme séraphique, Je viens puiser l'amour réparateur, Pour consoler le Cur Eucharistique, Mère d'amour, ah ! Prête-moi ton Cur. Auprès de toi, Souveraine angélique, Je viens puiser l'amour imitateur, Pour copier le Cur Eucharistique, Reine d'amour, ah ! Prête-moi ton Cur ! |